Canthilde

On en dit toujours trop.

12 octobre 2009

La dernière étape

P1050276Vendredi 2 octobre était la date limite que je m'étais fixée pour terminer et imprimer le plum pudding pâteux exigé en fin de scolarité à Poudlard. A cet effet, j'avais modifié certains passages en tenant compte des remarques de mes deux tuteurs, l'un enseignant à l'école, l'autre ma responsable sur mon poste, en leur envoyant cette dernière version le mercredi 30 septembre.

Vendredi 2 octobre, 9h : Je consulte mes mails. Mon tuteur poudlardesque m'écrit que, "sans être substantielles, les modifications auxquelles j'ai procédé contribuent très largement à une meilleure lisibilité de mon mémoire et, en tant que telles, n'impliquent pas de remarques particulières de sa part."

9h30 : Je relis le mode d'emploi pour créer un index sous Word.

11h : Je dois effectuer ma permanence dans l'arène et ne suis pas sûre d'avoir compris comment on fait un index.

12h : J'aimerais bien pouvoir faire mon index, si tous ces fauves ne venaient pas me déranger pour des questions tout à fait légitimes rentrant parfaitement dans mon profil de poste.

13h : Ma responsable me propose de déjeuner avec elle et, à table, m'annonce négligemment qu'elle a de nouveau quelques petites remarques à me faire sur mon texte.

15h : Je sors, livide, du bureau de ma responsable, avec trois pages pleines de critiques sur des parties qu'elle avait déjà relues, disait-elle, et que j'avais d'ailleurs modifiées en fonction de ses commentaires.

15h15 : J'entreprends de reprendre point par point mes trois pages manuscrites de critiques, en grommelant entre mes dents : "Ce mémoire partira au courrier demain avant midi !"

18h : Je décide d'en finir ici avec ce mémoire. Tout se mélange dans ma tête, je ne suis plus capable de relire ce que je viens de modifier, et puis il faut que je me mette à imprimer si je veux sortir du bureau avant 20h.

18h30 : Je savais que j'aurais du m'y prendre à l'avance pour imprimer... Je découvre les joies de l'impression recto-verso manuelle. Ce n'est pas tout d'imprimer en deux fois, ensuite, il faut trier. Mon ordinateur étant dans mon bureau, et l'imprimante couleur dans celui de ma responsable, je fais mon sport de la semaine.

19h05 : Le gardien a commencé sa ronde et s'arrête, stupéfait, devant la porte du bureau, quand il me voit affairée aux quatre coins de la pièce, échevelée et couverte de sueur. J'ai découvert certains anomalies de mise en page du fichier Word qui nécessitent une réimpression totale. Pendant ce temps, ma responsable boucle tranquillement son planning.

19h45 : Ma responsable me montre comment me servir de la relieuse et je perfore mes premiers paquets de feuilles terminés tandis que les derniers continuent à s'imprimer à la vitesse nonchalante qui est la leur.

20h15 : Je teste la reliure avec la spirale sur mon exemplaire à moi pas beau (celui avec les anomalies de mise en page), ce qui, avec mon adresse légendaire, me prend un certain temps.

20h26 : La spirale s'envole gracieusement vers le coin opposé de la pièce, éjectée de la machine.

20h55 : Ca y est, le dernier exemplaire est imprimé, trié, perforé, prêt à être relié !

20h56 : Les feuilles coincent, je n'arrive pas à les insérer toutes dans la spirale.

20h57 : J'arrache tout en poussant un hurlement excédé.

20h58 : Je demande de l'aide à ma responsable, qui répare le carnage avec des gestes sûrs et expérimentés.

21h : Toutes les lumières s'éteignent. C'est l'extinction des feux. Le gardien ne nous a même pas appelées pour s'assurer de notre départ. Nous terminons le travail à la lueur de la lampe de bureau.

21h03 : Je m'empresse d'empaqueter mes trois exemplaires propres, laissant tout en plan pour imprimer les derniers, destinés à rester sur place, le lundi suivant.

21h06 : Nous nous sauvons comme des voleuses, tournant la clef dans la serrure à l'aveuglette.

En photo, mon cadeau de rentrée : une balle anti-stress!

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20 septembre 2009

Formons-nous gaiement

Trois jours à Poudlard... cafard ! Je revenais sur les lieux de cette formidable année pour une petite formation supplémentaire, comme si ma vie professionnelle ne consistait pas en formations à la chaîne depuis dix mois. Plusieurs personnes m'avaient mises en garde contre Geneviève Toussaint. J'ai fini par comprendre pourquoi.

Nous étions une dizaine de personnes, dans un des petits carrels de travail, grelottant sous la climatisation déchaînée. Geneviève Toussaint allait tout nous apprendre sur son métier. Elle a commencé par un tour de table, nous demandant de préciser notre expérience, nos attentes. Arrivée à Grachus, elle nous a fait remarquer : "Vous voyez que Grachus est parmi nous aujourd'hui, c'est le seul garçon, il est bien serdaigle comme vous, il est là pour apprendre." (comme si on ne connaissait pas déjà Grachus, un jeune homme très abordable). Puis elle a répété que ce stage allait tout nous apprendre et qu'elle était une pro du domaine, d'ailleurs elle avait déjà imperceptiblement engagé des actions dans la gestion du groupe (c'est sûr que sa manière d'épingler l'unique homme du groupe, pour l'"intégrer", supposons-le, avait été très discrète) et nous aussi, on allait apprendre à faire tout ça.

En fait, elle parlait peu et nous faisait faire plein de petits exercices amusants, par exemple lister de 1 à 8 l'ordre des actions pour faire le travail bien comme il faut, puis réfléchir au rôle de chaque acteur en détaillant les actions à réaliser. De temps en temps, elle faisait un "exposé" en nous faisant feuilleter un gros paquet de documentation, particulièrement au point sur le sujet, tenait-elle à préciser. L'une des pages était un dessin symbolisant les "personnalités du groupe" par des animaux : le singe était celui qui sait tout, l'hippopotame le dormeur qui ne s'intéresse à rien, la grenouille le bavard qui empêche les autres de s'exprimer (conseil: "l'interrompre plusieurs fois, puis laisser le groupe s'occuper de lui"). Lorsque j'ai parlé du dessin à Trismegiste pendant une pause, celui-ci a fait mine de soulever une poubelle en pierre ornant la terrasse en s'écriant : "Où est-elle ? Je vais la tuer !" Je l'aurais aidé de bon cœur, parce que la vacuité de Geneviève commençait à me lasser sérieusement.

Enfin, nous sommes passées aux exercices filmés. La caméra était optionnelle, j'ai bien entendu refusé. A la fin de la première intervention, Geneviève nous a fait applaudir. J'ai été choquée. Elle nous parlait depuis deux jours de l'importance de chaque geste dans une présentation devant un groupe et, à aucun moment, n'avait évoqué le fait d'applaudir, une action pourtant peu anodine, qui nous renvoyait au monde du spectacle et non à celui de la formation académique. Je n'ai jamais applaudi.

Ma prestation a, naturellement, été minable. C'est que j'ai besoin de temps pour me préparer, je suis incapable d'avoir l'air du premier coup à la fois pro, communicante, propre et mignonne comme certaines, qui étaient entrées tout de suite dans le rôle. Les critiques sur mon intervention ont d'ailleurs porté sur ma façon de jouer ; j'ai répondu que je n'étais pas actrice et que des choses pouvant paraître évidentes en situation réelle ne venaient pas naturellement lors d'un exercice artificiel.

Notre formatrice nous a lâchées une demi-journée plus tôt que prévu, après avoir bâclé une conclusion et distribué une feuille d'évaluation. J'ai cherché les amis serpentards avec lesquels j'avais évoqué un apéro à midi, mais Geneviève avait préféré pousser jusqu'à 13h15 au lieu des 12h30 prévus, pour avoir son après-midi, et je n'ai pu croiser les personnes portées sur la boisson qui auraient clos ce stage de la manière la plus agréable qui soit. Maudissant nos mutismes sur des sujets autres que les zombies, j'ai commencé à travailler sur une note manuscrite. "Le plus important n'est pas le contenu mais le destinataire", avait dit, la veille, notre ami commun.

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23 août 2009

Le rapport de la mort

J'ai une mission pour la rentrée, mais rien que de la flemme pour la remplir. En langage technique, je la désigne par "pondre ma bouse".

Il s'agit de rédiger un rapport d'une cinquantaine de pages, plus les annexes. Ce pesant projet programme mes vacances en un pénible pensum pernicieux à produire lors de ma toute prochaine prise de poste. Pour tout arranger, je suis prise entre deux injonctions contradictoires. L'Ecole dit dossier d'aide à la décision, étude assez vague et scolaire, bilan des forces en présence avant de se lancer dans les grands travaux. La Boîte dit gestion de projet, on veut du concret, du planning, du faisable sur le champ.

Naturellement, je m'efforce de ne satisfaire aucune des parties, avec un plan trop académique pour la Boîte et trop technique pour l'Ecole. Je vise avant tout la non publication sur le site de l'Ecole, qui me vaudrait une célébrité tout à fait déplacée.

Cela dit, je me suis donné le plus de chance possible en désinstallant les jeux de mon ordinateur. Le Spider Solitaire allait causer ma perte.

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06 août 2009

Parenthèse montagnarde

Trois filles et un chapeau, lâchées dans la ville de Grenoble deux jours en juillet. J'avais décidé d'en profiter le plus possible, l'esprit détendu, de faire ma fofolle, comme je sais si bien le faire.

P1050046

Ca faisait des semaines que je déprimais à l'idée du retour, de la fin de cette année particulière. Je n'étais pas sûre de retrouver de sitôt une telle ambiance, des amies.

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Un gentil jeune homme me rassurait : "Mais si, tout va bien se passer !" Comme si je ne savais pas comment les choses se passent à Paris, la plupart du temps... D'ailleurs, il se fourvoyait sur plusieurs points, dont notre ami commun. Il s'imaginait que je savais tout de lui ; je n'avais même pas son numéro.

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Tandis que je m'empiffrais de tapas, de glaces et de cocktails tellement rafraîchissants, j'imaginais ma vie à Grenoble lorsque, ayant perdu de vue toutes mes connaissances, j'accepterais sans sourciller un poste à l'autre bout de la France, où je ne connaîtrais personne. J'aurais un jardin, je ferais de la randonnée, assez vieille pour ne plus m'inquiéter de rien.

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19 juin 2009

Changements

Sans trouver les mots à mettre dessus.

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29 avril 2009

Pause ?

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Janvier 2009                                        Avril 2009

Je ne sais pas si cela vaut la peine de continuer à tenir ce blog.

A bien des égards, ce type de "journal extime" ne revêt un intérêt pour la personne qui le tient que dans la mesure où elle ressent quelque manque dans sa vie quotidienne.

La vie repart, laissant de côté l'envie de noter événements et réflexions qu'on portait au regard extérieur pour se donner l'illusion de partager quelque chose.

Ajout du 1er mai 2009 :

Non, pas une pause, un réaménagement complet ! Je commence dès à présent à supprimer des notes, à réorganiser les catégories. Ce blog devrait avoir sous peu un nouveau visage.

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19 août 2005

Vive la Fête − Nuit Blanche

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Si ce blog peut avoir la moindre utilité dans la vaste communauté humaine, voici mon conseil : ne jamais associer un disque à une personne. Après, c’est trop dur de l’oublier quand on réécoute ses albums préférés. Il y a la solution de ranger les CD au fond d’un placard le temps nécessaire (six mois ? un an ? tout dépend du degré d’attachement…), mais ça veut dire se priver de ses disques préférés à cause de quelqu’un. Et qui est cette personne, qui vous a royalement ignorée et vous a dénié la moindre place dans sa vie, pour influencer vos comportements intimes  pendant des mois ? Alors, par bravade, vous écoutez les disques dangereux de votre collection, ce qui vous fait repenser à la personne incriminée… Très compliqué, comme vous pouvez le constater.

Cette année, j’ai moins écouté de musique. Je me surprenais en pleine lecture à entendre le vrombissement du frigo, m’apercevant que je n’avais passé aucun CD depuis des heures.

Bref. Rien d’étonnant à ce que mon premier choix autonome depuis… des lustres soit léger, guilleret et dansant en diable. J’ai nommé « Nuit Blanche » de Vive la Fête ». J’en ai entendu parler il y a un moment, mais la curiosité m’a reprise il y a peu.

Un chouette disque, furieusement techno pop, électro machin chose, louchant évidemment du côté des années 80, tout ça avec une chanteuse à la voix enfantine avec un accent belge à couper au couteau. Sans oublier une voix masculine rauquement sexy (mon dieu !). C’est une pitié de l’écouter toute seule dans ma chambre, alors qu’il mériterait des marées de fêtards imbibés et lubriques pour être apprécié à sa juste valeur.

Je l’écoute le matin au réveil, sous la douche en chantant les paroles de « Schwarkopf » avec conviction, le soir en lisant du Patricia Cornwell sur mon lit.

Les cheveux noirs sont réveillés
C’est très cool cette année
Les cheveux noirs comme une pop star
C’est ce que je veux pour ce soir
Wah oh ! Wah oh !
C’est un plaisir pour les yeux
Une image colorée
Une identité
Oh oh ! Oh oh !
Les cheveux noirs c’est excitant
Et je suis sûre c’est le moment
C’est la plus nouvelle tendance
Pense à moi si tu t’y lances
Oh oh ! Oh oh !
Dis-moi qui est la plus belle ce soir
Dis-moi qui est la plus belle ce soir
Wah oh !
Les cheveux noirs comme une pop star
Les cheveux noirs comme une pop star
Ni blond, ni roux, ni gris, tant pis
C’est absurde c’est [ ?]
Les cheveux noirs ! Les cheveux noirs !

Posté par canthilde à 17:51 - Musiques - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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