Canthilde

On en dit toujours trop.

25 août 2009

Peaches - I Feel Cream

ifeelcream

Un nouvel album de Peaches pour l'été, était-ce bien nécessaire pour ajouter à la canicule ambiante ? Oui ! oui ! oui !

Si j'étais jeune et cool, je dirais que ce disque est une tuerie, mais je me contiendrai... au moins jusqu'à "More". La pochette montre une photo très léchée, où Peaches est belle comme un camion. Quant à la musique, on trouve d'emblée un son très techno, dansant en diable, à la recherche limpide d'une efficacité diabolique.

En terrain connu avec "Serpentine (I Don't Give A... Part 2)", où l'on retrouve des paroles familières ("I don't give a fuck if you call me, I don't give a fuck if you're far from me..." ; à méditer et à répéter en boucle), on aborde ensuite un terrain inhabituel avec les deux suivantes.

"Why don't you talk to me ?", "I don't want to lose you" : ouh là, on rentre dans le domaine des relations adultes, où on s'engage, on dialogue ! Son puissant et voix de guerrière pour "Talk to me", mélancolie plus éthérée pour "Lose You". Ca devient sérieux. Je crois que je préférais le message de "Tent in your pants".

Pas le temps de réflechir, on embraie avec l'un des morceaux les plus dansants, "More". J'ai dit que j'allais me lâcher... me voilà en train de bondir dans tous les sens, chantant à tue-tête : "It seems you get a little bit more than you asked for !". Le son est parfaitement synthétique, inhumain ; j'adore.

Je ne retrouverai cet entrain incontrôlable qu'avec "Mommy Complex", où elle fait des propositions indécentes à une jeunesse. La chanson se danse mieux avec des gros seins, cela dit. Mais, pour être honnête, j'ai du mal à rester assise sur toute la durée du disque.

Un album gai et festif, pas très profond mais idéal pour se défouler. Exactement ce dont j'avais besoin en cet été qui n'est chaud que par la température extérieure...

1. Serpentine (I Don't Give A..Part 2)
2. Talk To Me
3. Lose You
4. More
5. Billionaire
6. I Feel Cream
7. Trick Or Treat
8. Show Stopper
9. Mommy Complex
10. Mud 3:06
11. Relax
12. Take You On

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16 août 2009

The L Word - saison 6

TLW6

Après une saison 5 tournant autour du thème du vampire et s’achevant sur une énième humiliation publique de Jenny, voici venue la dernière saison, écourtée de cinq épisodes par rapport aux saisons précédentes.

Le résultat en est huit épisodes trépidants, une intrigue ramassée, quelques nouveaux couples et la problématique de l’engagement qui pend au nez de toute série, quels qu’aient pu être les délires sur le chemin. C’est triste, je sais, mais c’est la dure loi de la télévision. Surtout américaine.

Nous avions laissé Jenny dévastée par l’infidélité de Nikki avec Shane. « You broke my heart », pleurnichait-elle. En même temps, Jenny est en mode dévastation perpétuel, on se disait bien qu’elle s’en remettrait. Une lampe et une canette volantes plus tard, elle se remet en effet parfaitement… avec Shane. C’est toujours une mauvaise idée de s’accoupler avec sa meilleure amie, ce que nous démontreront amplement les épisodes suivants.

Du côté des vieux vieux couples d’une saison ou plus, la sérénité règne presque. Bette promet de partager les valeurs de Tina sur la fidélité dans le couple, au moment où réapparaît son grand amour frustré d’université. Ne jamais tenter les prédatrices à forte libido… Alice et Tasha s’offrent une scène toute mignonne chez un thérapeute conjugal, tout ça pour repartir pour un tour contre son avis et se faire une nouvelle copine pour un triangle amoureux pétillant.

Max_TLW6De son côté, Max continue de bousculer les étiquettes et s’offre dans cette saison ce qu’on essaie de nous vendre comme « le plus beau moment de la vie d’une femme ». Le voilà donc barbu, musclé... et enceint jusqu’aux dents ! Décidément pas un rôle facile pour Daniela Sea. Rappelons que le personnage a fait son apparition en tant que Moira, lesbienne sortant avec une fille, pour devenir Max, futur transexuel s’identifiant au rôle du mâle, toujours avec copine, pour ensuite coucher avec un homosexuel (il est alors considéré comme un homme gay ?), pour ensuite sortir avec un homme qui préfère les hommes mais le prend comme une femme, en attendant son opération… Même si on a parfois du mal à digérer ces différents virages de bord, le personnage reste salutaire pour montrer que ça ne sert à rien de mettre les gens dans des cases. Ce qui compte, c’est qui on aime (snif !)…

Helena refait son apparition comme associée de Kit pour le Hit Club, 100 % filles déchaînées, on s’en doute. Quelle n’est pas sa rage, son malheur, son désespoir (pire que Jenny, mais elle est plus discrète) de tomber sur Dylan dans son bar, la bouche en cœur, prête à la culbuter de nouveau, comme si elle ne lui avait pas extorqué de l’argent lors d’un faux procès pour harcèlement sexuel ! Non, vraiment, il y a des choses qui ne se font pas, ce n’est pas bien du tout. Mais plus c’est mal, plus c’est bon. Et, contre toute attente, ce couple improbable va générer les scènes les plus fortes en émotion de toute la série.

On frôle d’ailleurs le trop-plein d’émotions dans chaque épisode. C’est la fin du monde à chaque scène, un comble si l’on songe qu’elles ont quasiment toutes déjà couché les unes avec les autres. La série reste formidablement superficielle lorsqu’on songe que ces femmes de trente-quarante ans se préoccupent uniquement de leur vie sentimentale, le reste passant au deuxième plan. C’est ce qui fait son charme, par rapport à la dure vie quotidienne où nous sommes sommées de fouler nos émotions aux pieds pour assurer nos misérables tâches répétitives.

J’avais oublié de préciser un détail : Jenny meurt au début du premier épisode. Les suivants reviennent sur les mois écoulés, en présentant régulièrement une situation où l’un des personnages aurait une très bonne raison de la trucider. Elles ont de quoi. Jenny est à étriper dès qu’elle ouvre la bouche, et on a envie de hurler avec Tina : « I’m going to end her life of torments ! ». Voilà pour le suspens. Le reste n’est que strass et paillettes.

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13 août 2009

Hot Hot Computer

autoformationLa main sur la souris, j'écoute attentivement ce que me dit la voix monocorde.

- Cliquez sur l'outil Insertion automatique et précisez que les insertions automatiques dont vous aurez besoin se trouvent dans le modèle Courrier commercial. Validez ensuite par le bouton OK.

C'est une voix agréable, je commence à beaucoup l'aimer. Elle me plonge dans une torpeur frissonnante, au bord de l'orgasme. Je m'empresse de faire l'exercice qui suit la leçon, en espérant qu'elle est satisfaite de moi.

- Dans l'intention d'utiliser l'abréviation PL, ouvrez la liste Toutes les entrées. Cette liste présente les insertions automatiques classées en fonction du style dans lequel elles ont été enregistrées.

Vraiment, l'autoformation à la bureautique est une belle trouvaille. Il faudrait appliquer cette méthode à d'autres aspects de la vie. A tout hasard, la rencontre amoureuse. Imaginons la belle voix de robote frigide expliquer posément:

- Pour obtenir un rendez-vous, placez-vous devant la personne de votre choix, dites-lui bonjour et proposez-lui d'aller boire un verre le soir. Activez l'option Numéro de téléphone. Pour cela, tenez votre téléphone portable dans la main droite et dites : "Je vais noter ton numéro, au cas où il y aurait un empêchement." Taper les 10 chiffres du numéro de téléphone et validez.

Hmm... je suis sûre qu'on peut trouver encore d'autres thèmes de leçons.

- Approchez vos lèvres des siennes et exercez une légère pression pour les entrouvir. Passez la main sur sa nuque et effectuez un léger mouvement de haut en bas très lent. Touchez sa langue avec la vôtre et...

Bon, j'arrête, ça devient vraiment n'importe quoi. Quand ma leçon de traitement de texte vire au fantasme éveillé, il est temps d'aller au lit.

sherman
Cindy Sherman, Untitled #305

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01 juin 2007

Peaches - Fatherfucker

Ce qu'il y a de super, quand on découvre un nouveau groupe, c'est de trouver de nouvelles chansons préférées, de les avoir toute la journée dans la tête, de les fredonner en présence de son entourage et ainsi de passer pour une personne joyeuse, délurée et vocalement douée (hem !...).

Oui mais voilà, cette fois, je suis obligée de me retenir ! Je n'ose pas imaginer la tête de mes nouveaux collègues si je me mettais à chantonner à table : "Shake your dicks, shake your dicks !" (les gens sont tellement prudes). Entonner l'irrésistible : "Girl, I wanna take you to a gay bar !" dans le métro pourrait être source de malentendus embarrassants. Même devant Quintilien, je me contiens, sinon je partirais dans de grands : "I like girls and I like boys, I don't wan't to make a choice", qui risqueraient d'être mal perçus.

Que pouvais-je faire d'autre, après avoir visionné les quatre saisons existantes de The L Word, sinon me passer les albums de Peaches ? Des trois disques parus sous ce nom, c'est le deuxième, Fatherfucker, qui me plaît le plus (le dernier est très bien aussi). Je l'avais snobé à sa sortie à cause de la pochette, qui renvoyait à des sujets trop sensibles :

fatherfucker

Il est pourtant idéal pour se donner la pêche le matin, effrayer ses voisins ou animer une grande fête bissexuelle. Peaches, musicienne d'origine canadienne, fait plutôt dans l'électro, voire la pure techno, et celui-ci est le plus rock'n'roll des trois (il y a des guitares et une chanson dont les paroles rageuses se résument au titre, "Rock'N'Roll", justement).

C'est surtout du côté des paroles qu'on s'en prend plein les oreilles, avec des textes sexuellement explicites [euphémisme] à foison, le tout sur des mélodies simples ou des bruits expérimentaux. Je pense que les chansons peuvent plaire à tout le monde, aussi n'hésitez pas à les passer à vos parents, grands-parents, petites soeurs ou nièces, elles devraient adorer (du moment qu'elles ne comprennent pas l'anglais).

Même mon loulou, aux goûts musicaux particulièrement élitistes, a fini par apprécier "Tent In Your pants" de l'album Impeach My Bush, mais aussi il était menotté au radiateur et a du subir un impitoyable chantage.

  • L'album commence très fort avec " I Don't Give A...", qui semble porter sur sa réputation, alternant entre "fuck" et "shit" pour la fin de la phrase.
  • Le terrible "Kick It", aussi jouissif que du Stooges... et justement, Iggy Pop participe à la chanson !
  • L'irrésistible "Shake Yer Dix", qui s'adresse aussi bien aux messieurs qu'aux dames : "Shake your dicks shake your dicks, shake your tits shake your tits" (jolie chorégraphie !).
  • Il reste pas mal de morceaux électros et, par là, bien hypnotiques et répétitifs comme je les aime.

Discographie

Merrill Nisker :
Fancypants Hoodlum (1995)

Peaches :
The Teaches of Peaches (2000)
Fatherfucker (2003)
Impeach My Bush (2006)

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24 avril 2007

Littéralement scotchée devant l'écran

thelwordJ’éprouve de légitimes craintes à l’idée d’entamer un compte-rendu de la série The L Word. En effet, après avoir reçu quantité de propositions de jeunes freluquets, apparemment émoustillés par certains de mes textes, je vais sûrement être assaillies par celles d’impétueuses lesbiennes sans vergogne (mais ce n’est pas ma faute, tout ça c’est à cause de mon charme bestial).

Cette série parle en effet d’homosexualité féminine et a fait sensation par le réalisme de ses scènes d’amour entre femmes. A lire les réactions des spectatrices, j’avais cependant l’impression qu’il y avait autre chose, qui en faisait une série intéressante. J’ai ressenti l’intense désir de vérifier par moi-même et c’est ainsi qu’au milieu de l’hiver, je me suis lancée dans le visionnage de la première saison.

Mes nouvelles copines

J’ai été conquise par l’épisode pilote, qui dure une bonne heure et demie. Du scénario, je ne connaissait qu’un élément : une jeune femme rejoint son petit ami à Los Angeles ; leurs voisines sont des lesbiennes ; elle ne tarde pas à se faire draguer par l’une de leurs amies. L’argument semble plutôt mince et, pourtant, je suis rapidement entrée dans l’histoire. La présentation des personnages donne tout de suite envie d’en savoir plus. Passées les premières minutes d’affolement (que des visages inconnus ! que des femmes ! Quoi, c’est pas vrai ! elles sont déjà à poil ? Mais elles passent leur temps au lit !), on se familiarise avec les plus sympathiques, on s’interroge sur les plus mystérieuses.

A commencer par Shane : beauté ténébreuse, voix délicieusement grave, chevelure artistiquement en pétard, elle fait craquer (et tourner en bourrique) à peu près tous les êtres sexués qui passent à sa portée. Petite particularité, sa devise : « I don’t do relationships », va en chagriner plus d’une.

Jenny : J’ai été contente de retrouver Mia Kirshner dans ce rôle, ayant apprécié sa performance dans Le Dahlia noir (c’était la seule qui jouait !). Très jolie avec ses grands yeux bleus et ses longs cheveux noirs, sa fossette au menton lui donne un style inimitable. C’est elle l’héroïne de départ, qui va, à sa propre surprise, explorer des aspects inconnus de sa sexualité, tout en peaufinant sa technique d’écrivaine. Malheureusement mal exploité à partir de la saison 2, son personnage va facilement devenir le plus irritant, tout en passant au second plan.

Marina : une allure terrible, cette italienne (qui passe son temps à parler en français ??), cultivée, sexy, un rien manipulatrice. Pas franchement sympathique, mais extrêmement troublante. La façon dont elle quitte la série est particulièrement frustrante, on sent les impératifs de carrière. Raison principale de l’ambiance ambiguë de la première saison, elle rend tout à fait crédible le passage au saphisme d’une fiancée tranquille et jusqu’ici comblée !

Bette et Tina : présentées comme le couple modèle de la communauté lesbienne, ensemble depuis huit ans, on est pourtant frappées par la déséquilibre régnant dans leur relation dès les premières minutes. Entre tentatives d’insémination et séances chez un thérapeute, rien ne peut nous laisser penser que les choses sont plus simples entre deux partenaires du même sexe.

Alice, Dana, Kit : seconds rôles désespérément célibataires, qui vont prendre de l’importance au fil de leurs relations sentimentales, aléas professionnels, névroses… Le gros avantage de la série, c’est qu’elle permet de revoir des stars que le fil des années rend − à tort − moins attractives pour l’industrie hollywoodienne : Jennifer Beals (Flashdance), Pam Grier, Cybill Shepherd (Clair de lune) en terrible universitaire qui se rend compte (gasp !) que toute sa vie n’a été qu’un mensonge.

Les points absolument négatifs de la série

Le milieu particulier dans lequel se déroule la série : inutile d’attendre de The L Word un quelconque témoignage sur la vie des lesbiennes aujourd’hui. On est chez les créatives friquées, ce qui réduit quand même énormément le propos. On pourra me rétorquer que la majorité des lesbiennes se trouvent justement dans ces milieux-là mais, malgré mes connaissances imprécises en ce domaine, je n’en suis pas totalement convaincue.

La qualité discutable des œuvres qui font le quotidien des héroïnes : OK, j’aime beaucoup Jenny en tant que personne, mais sa production littéraire ne m’a jamais convaincue. Encore une pseudo romancière nombriliste de plus ! Elle ne semble écrire que sur sa vie, ses expériences sexuelles, sans le moindre recul et en se prenant terriblement au sérieux.

Le côté discours sur la série qui arrive trop tôt : généralement, quand une série commence à fatiguer, elle balance des épisodes réflexifs, genre caméra numérique en temps réel, pour relancer l’intérêt des spectateurs. Ici, on a dès la deuxième saison la Charte d’Alice à la radio, le reportage de Mark qui est fasciné par toutes ces filles superbes qu’il ne pourra jamais avoir, au point qu’on délaisse l’action pour privilégier le discours sur celle-ci, ce qui dénote une faiblesse certaine du scénario.

L’épisode du mariage et l’épisode de la mort : aucune recherche dans ces deux épisodes, qui traitent ces thèmes exactement de la même manière que d’autres séries les ont traités auparavant. Pas de spoilers, mais j’ai ressenti une pénible impression de déjà vu.

L’après saison 1 : j’ai adoré la saison 1, j’en ai parlé autour de moi, j’étais convaincue d’avoir trouvé là la digne successeuse de Six Feet Under. Tous ces espoirs se sont évanouis quand ont retenti les premières notes pimpantes du générique du premier épisode de la saison 2 : « Girls in tight dresses, who drive with moustaches… ». Tout est dit ! La musique elle-même est assez insupportable, les paroles racoleuses, autant dire que je sautais sur la touche « avance » dès que le générique apparaissait. La saison 1 avait autrement plus de gueule avec un générique réduit à quelques secondes de musique moderne sur fond urbain.

Quant au contenu des épisodes, il m’a semblé que l’intrigue se resserrait autour du seul thème « nous les lesbiennes ». Pour commencer, la coupe de cheveux de toutes les actrices raccourcit (bonjour le stéréotype des camionneuses !), elles s’habillent top fashion, elles vont à des fêtes et des concerts super géniaux, où elles sautent dans tous les sens en draguant comme des malades… Par moments, j’ai vraiment cru me retrouver dans une série pour adolescentes. Ça met du temps à s’arranger. Heureusement, les personnages ont de gros problèmes qui les font affreusement souffrir, et les rendent plus intéressants.

Les filles se défendent bien

Du bon, du mauvais, est-ce suffisant pour nous intéresser pendant quatre (à ce jour) saisons de pur saphisme débridé ?

Et bien, je dois quand même reconnaître que les réalisatrices de cette série ont fait des efforts pour réparer leurs petites faiblesses. Chacun des points qui me gênaient a été abordé franchement par la suite, avec une certaine intelligence.

Par exemple, la pauvre Jenny voit raillés ses projets d’écriture, au point de remettre en question ses méthodes de travail. L’indulgence dont elle bénéficiait au départ, en tant que « petite nouvelle » et pivot de l’histoire, n’est plus de mise tandis qu’elle passe à l’arrière-plan. A chaque saison, on a ainsi un personnage qui prend plus d’importance que les autres : Shane, puis Dana auront la vedette lors des saisons suivantes. Une façon de ne pas se lasser du même point de vue et de découvrir des aspects cachés des personnages.

Sur la question du milieu social, elle est abordée sans fard lorsque nos héroïnes bourgeoises sont montrées comme ayant des réactions mesquines face à une très provinciale nouvelle arrivante… La saison 4 les verra se colleter des femmes de milieux plus défavorisés, bien décidées à leur montrer de quel bois elles se chauffent ! Par contre, on continue de plus belle dans le côté paillettes lorsque chaque personnage, doté d’un métier hautement créatif, accède à une plus ou moins grande célébrité. On est de plus en plus chez les people.

Enfin, c’est bien le seul endroit à la télé on où peut fréquemment entendre L7, Le Tigre, Golfrapp, Peaches. Toutes les riot girrrls et filles à voix sont présentes, parfois en chair et en os (cf. les « fêtes et des concerts super géniaux » dont je parlais plus haut).

Conclusion : une série qui se regarde en conservant son esprit critique. Indiscutablement sensuelle (allez chercher ailleurs les photos sulfureuses !), elle reste trop futile pour être considérée comme un témoignage sur le mode de vie lesbien, s’il existe. Mais la mise en scène est toujours élégante, les actrices convaincantes et certaines scènes, très drôles ou décalées, valent le détour. A quand la saison 5 ?

Le site officiel n'est pas accessible en dehors des Etats-Unis. Cependant, la page d'excuses qui s'affiche nous informe qu'on peut rejoindre The L Word dans Second Life. Super ! Demon32

Un site : http://www.thelwordonline.com/main.html
Si vous voulez figurer vous aussi sur la Charte :
http://www.ourchart.com/
 

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27 septembre 2006

A corps perdus

Visionnage terminé, je peux enfin déclarer à la face du monde : Lost 2, c'est quand même du gros foutage de gueule !

J'ai rarement regardé une série aussi agaçante... et aussi prenante. J'ai dévoré les 23 épisodes en deux semaines, mes activités estivales ne m'ayant pas permis de les suivre sagement à la télé.

Le parallèle avec X-Files s'impose presque, parce qu'au bout de la deuxième saison, on n'en sait pas beaucoup plus qu'au début. On se retrouve plutôt avec de nouvelles énigmes et des situations inextricables, et ça, c'est très énervant. Ajoutons, dans les défauts rédhibitoires, un bon gros message pro-religion des familles. Outre la morale anti-avortement de rigueur dans la plupart des fictions (c'est bien connu, le premier réflexe d'une jeune femme tombant enceinte par accident est de rechercher une famille d'adoption sur un autre continent), les personnages n'ont pas de souci plus urgent que de réaliser des miracles, se faire baptiser ou de construire une église en rondins.

On pourrait y ajouter une morale sexuelle bien rétrograde. Les adultes font tout un pataquès d'un simple baiser, menacent leur partenaire de le tuer s'il raconte tout aux autres... on est au collège, ou quoi ? Lorsqu'il y a relations sexuelles, elles ne tardent pas à être suivies de la mort violente de la femme, comme dans les films d'horreur : elle a fauté, elle doit être punie (si possible avec l'arme que sa ruse sexuelle lui a permis d'obtenir, comme pour Ana-Lucia) ! Sauf si elle copule légalement avec son mari, auquel cas elle peut toujours tomber enceinte, ce qui l'emplit de joie et de fierté (quel bonheur de fonder une famille sur une île coupée du monde dans des conditions spartiates !).

Mais alors, où réside exactement le charme et le pouvoir attractif de cette série ?

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Oui...

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... certes...

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... sans aucun doute...

Difficile de ne pas avoir l'eau à la bouche face à des bestiaux pareils. Non mais vous avez vu ce mec ??? Heureusement que son personnage est la pire tête à claques de la série, sinon il y aurait du coup de foudre dans l'air. Cela dit, les actrices sont également d'une telle perfection physique qu'elles donnent envie de devenir lesbiennes sur le champ.

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Sans compter deux personnages qui détonent sur le petit écran. Physique et âge différents, sans que cela les relègue au second plan, ils présentent des personnalités obsessionnelles, proches de la maladie mentale, sans que cela en fasse des méchants ou des loosers. Hurley est sûrement le plus attachant de tout le groupe, et Locke le plus intrigant, son passé plutôt lourd à porter et son comportement monomaniaque étant contrebalancés par son intelligence et son charisme bizarre.

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La troisième saison  commence à être diffusée aux Etats-Unis et, contrairement à ma première impression de phénomène du moment, je pense que la série peut facilement tenir encore cinq ou six ans... si les scénaristes arrivent à se renouveler et sortent de leur trip puritain à deux balles.

(photos allociné)

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13 juillet 2006

No-Sex in USA

saved

Versant pouffe du délicat problème de l'éducation sexuelle aux Etats-Unis, le film Saved !, sorti en 2005, ne pouvait que me séduire par son accroche : "Mary et sa meilleure amie, la tyrannique Hilary Faye, sont les stars d'un lycée très conservateur. Jusqu'au jour où le petit copain de Mary lui annonce sa découverte : et s'il n'était pas au fond gay ? Jésus apparaît en vision à la jeune fille et lui ordonne de tout faire pour remettre cette brebis égarée dans le droit chemin. Mary s'exécute... et tombe enceinte..."

Les premières images annonçaient un film du tonnerre : un ciel nuagé (Dieu me parle !), le visage angélique de l'héroïne, Mary, qui nous compte ingénument ses tourments adolescents. Vivement que ça tourne à la boucherie, me suis-je dit.

Or, loin d'être un brûlot subsersif, Saved ! se cantonne au style teen-movie, globalement pimpant et sentimental. Le portrait d'une jeunesse rangée est assez réjouissant, avec ces lycéennes qui conjuguent toute leur vie sociale au crucifix : bon lycée chrétien, parfait petit ami chrétien (=vierge jusqu'au mariage), musique chrétienne version synthés évaporés ou rock'n'roll "Jesus loves you", tout y est merveilleusement aseptisé et nunuche.

La révélation de Mary ne la pousse pas à sortir du droit chemin. Si elle couche, c'est parce que Jésus lui a promis de lui refaire une virginité spirituelle après avoir sauvé Dean des griffes de Satan. Et pas une seule fois, le scénario n'envisage l'avortement. Je ne crois même pas que le mot soit prononcé...

Restent des situations et des dialogues réjouissants.

- Je ne vois qu'une seule raison pour qu'une jeune chrétienne sorte du planning familial.
- Elle a posé une bombe ?!

Le portrait de l'intégriste pouffe Hilary, sorte de Cordélia illuminée, est aussi drôle que convaincant, surtout lorsqu'elle se met à sortir ses griffes. Macaulay Culkin est attachant dans le rôle d'un handicapé cool, qui refuse de s'apitoyer sur son sort. Il y a aussi la rebelle Cassandra, qui joue à entrer en transe de façon obscène aux réunions de ses petites chrétiennes de camarades, qui trouvent ça super... du moment qu'elles ne comprennent pas les paroles.

Mais au final, la religion ne se voit qu'égratignée et les "méchantes" sont également les "moches" : la tolérance, d'accord, mais pas pour la différence physique ! Le réalisateur lui-même, Brian Dannelly, loue le message pro-foi du film. Rien d'étonnant, sinon il n'aurait pas pu sortir aux Etats-Unis.

Mais tout ça reste éloigné de la réalité et bien trop gentillet. Ca aurait pu être une véritable bombe avec une description réaliste du "centre" où sont discrètement internés les jeunes déviants (homosexuels, drogués, mères célibataires), d'autant que des reportages ont été diffusés sur les méthodes militaires et humiliantes qui y sont utilisées. Dans la vraie vie, Mary aurait autrement morflé et ne s'en serait pas tirée avec une belle robe de bal et un bouquet.

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12 juillet 2006

Sex in USA

kinsey

Cette année, je me suis intéressée au sexe de près. D'un point de vue scientifique, principalement. Pas seulement... Nous nous en tiendrons ici au côté scientifique (chercheurs d'anecdotes scabreuses, passez votre chemin).

En 2005, sortait le film "Dr Kinsey", de Bill Condon, avec Liam Neeson dans le rôle principal. Le scénario entendait retracer la genèse de la première étude de grande envergure sur la sexualité menée aux Etats-Unis, le Rapport Kinsey, publié en 1948. Lorsqu'il est sorti, je n'en voyais pas trop l'intérêt cinématographique. Depuis, j'ai eu l'occasion d'exercer le même métier que le Dr Kinsey et son équipe d'enquêteurs, et j'étais très curieuse de voir comment le sujet avait été filmé.

Les premières séquences sont excellentes. On y voit de jeunes enquêteurs, un peu effrayés par leur sujet, s'efforcer de se montrer neutres face à leurs interviewés. Mais en face d'eux, il s'agit du directeur du projet en personne, qui les bouscule sans ménagement. "Qu'est-ce que c'est que cet air apitoyé ? Vous devez mettre à l'aise les personnes !"

Le film prend ensuite la forme plus conventionnelle d'une biographie. L'Amérique de la première moitié du 20e siècle, ses préceptes stupides et dangereux concernant la masturbation, les rapports sexuels, la "normalité" étouffante et culpabilisante. Etant sorti, non sans dommages, de ces écueils à l'épanouissement individuel, Alfred Kinsey, biologiste de formation, décide d'étudier le phénomène de plus près à la manière dont il collectionne les insectes : en réunissant suffisamment de cas, ce qu'il appelle les antécédents sexuels d'un individu, il se donne pour tâche d'analyser la sexualité de manière objective.

Acte courageux dans la société ultra puritaine de l'époque, surtout lorsque les premiers résultats sont publiés et montrent, chiffres à l'appui, que la sexualité "normale", dans le cadre du mariage, ne recouvre qu'un huitième des formes de sexualité humaine. Masturbation, rapports avant et en dehors du mariage, caresses buccales, homosexualité et autres formes de "perversion", la palette des comportements humains est plus vaste que ne le souhaiteraient les autorités morales.

On voit le Dr Kinsey, issu d'une éducation rigoriste, se remettre en cause, en poussant la rigueur scientifique jusqu'à vérifier toutes ses hypothèses sur lui-même. L'établissement d'une échelle de 1 à 6 concernant les orientations sexuelles, de "purement hétérosexuel" à "purement homosexuel", lui fait découvrir que la plupart des individus se situent dans les stades intermédiaires, lui y compris. Il considère dès lors que les limites du mariage bourgeois ne lui conviennent plus et se met à expérimenter, avec l'assentiment d'abord résigné, puis enthousiaste, de sa femme.

Le film atteint ses limites dans l'évocation de la déchéance morale du héros. On nous rappelle lourdement que les êtres humains éprouvent des sentiments et que toutes les expériences ne sont pas bonnes à faire. Et, pour que tout le monde soit bien rassuré, l'amour triomphe à la fin, unique donnée non mesurable des travaux du Dr Kinsey.

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Autant l'avouer, j'ai été mortifiée par la rigueur scientifique mise en oeuvre par l'équipe d'enquêteurs, qui travaillaient en face à face. On voit notamment un enquêteur se refuser à continuer de recueillir un témoignage dès lors que l'interviewé persiste à nier ses comportements masturbatoires. Moi, j'étais au téléphone, et les marchands de savon qui me supervisaient m'enjoignaient de valider toutes les réponses que j'entendais, même si mon intime conviction soupçonnait l'auto-censure ou la déformation. Au final, j'estime avoir davantage recueilli des discours sur la sexualité socialement admise que sur des comportements réels. Mais ce sera bien sur ces données déformées qu'on s'appuiera dans les dix prochaines années, en ce qui concerne la population française.

Hourrah ! La majorité des femmes ne se masturbent jamais, les hommes n'ont jamais de pannes et leurs partenaires ont toujours un orgasme ! En plus, j'ai l'impression que les Français vont battre des records de fidélité et n'ont jamais, au grand jamais, été attirés par des personnes du même sexe. Il me semble qu'en face à face, la franchise est mieux garantie, mais c'est une méthode trop chère sur les gros échantillons, m'a-t-on assuré.

Posté par canthilde à 11:17 - Cultivons-nous gaiement - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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