07 mai 2008
Classe et nonchalance

Lorsque je me suis rendue au concert des Breeders, le mois dernier, j'ai du braver la forêt de distributeurs de tracts qui se pressent aux abords des salles de concert. Derniers albums des groupes djeuns du moment ? Sans façon. Concert des Tindersticks ? Je prends !
Lundi soir, j'ai donc pu découvrir la magnifique, quoique légèrement clinquante sur les bords, salle des Folies Bergères. Les lumières se sont éteintes juste au moment où mon compagnon et moi (oui, vous avez bien lu, j'ai réussi à venir accompagnée à un concert !) prenions place sur notre rangée haut placée, ayant tout juste eu le temps d'entrevoir le cadre élégant.
Sara Lowes a aussitôt ouvert le bal pour une première partie timide mais courageuse, devant une salle aux trois-quarts vide ; les fans des dandys anglais ont préféré attendre le dernier moment pour entrer... D'accord, les premières parties sont un mauvais moment à passer pour le public, il m'est souvent arrivé de bailler à ces moments-là, mais la moindre des choses est d'écouter, au moins pour se faire une idée. Or cette chanteuse avait une très jolie voix et se débrouillait bien toute seule entre son piano et sa guitare.
Ne restait plus qu'à attendre la jolie entrée de scène des Tindersticks, dont les musiciens sont entrés un par un, dans l'ordre des instruments joués dans l'"Intro" de The Hungry Saw. Un Stuart Staples à la silhouette juvénile, la calvitie naissante, est venu se joindre sans ostentation à l'orchestre. Et quand il a commencé à chanter... Quelle voix ! J'aurais pu l'écouter toute la nuit. En un instant, il a plongé la salle dans une torpeur extatique, suspendue à ses lèvres.
Le répertoire de ce soir a privilégié les morceaux moelleux, une bonne partie provenant des deux-trois derniers albums (que je connais moins), mais aussi de leur deuxième, mon préféré. Ils ont joué "Sleepy Song" ! J'ai été terrassée par un violent orgasme lorsque les cuivres, que je guettais depuis le début, ont retenti.
J'ai apprécié le fait qu'aucun musicien n'ait été mis davantage en l'avant que les autres, même le chanteur. Les éclairages venaient souligner opportunément le rôle de l'un ou l'autre. Il y avait les instruments rock d'un côté, guitare, basse, batterie, et l'orchestre classique de l'autre, violons, contrebasse, trompettes ; plus l'orgue, le xylophone et tous les petits instruments nécessaires au bruitage de tel ou tel titre. Bref, l'orchestre au grand complet, même si la base des musiciens du groupe a évolué depuis leurs débuts.
Deux rappels, une attitude décontractée de Stuart Staples, qui semble possédé par sa musique. Si j'avais été plus près de la scène, je leur aurais bien demandé de jouer "Let's Pretend", que j'ai régulièrement dans la tête. J'ai regretté qu'on n'ait pas eu droit à une présentation en règle de tous les musiciens, ce qui aurait pris une petite demi-heure...
Tandis que nous nous dirigions vers la sortie, mon compagnon s'est soudain écrié : "Ça y est, je crois que j'ai trouvé l'explication de sa technique vocale !"
Stuart Staples a une délicieuse voix de basse, qui "ondule" plaisamment quand il chante ; il joue à merveille de ses intonations les plus graves et les plus douces, avec des transitions toutes en douceur. Il s'agissait donc d'un vibrato.
Il y a deux façons, m'a expliqué mon compagnon, de faire des vibratos. La première consiste à faire des modulations de fréquence : "Ah-ah, ah-ah, ah-ah", soit "grave-aigu, grave-aigu..." La deuxième, concernant notre charismatique ami, consiste à faire des modulations d'amplitude, c'est-à-dire une succession d'un peu plus fort-un peu moins fort, soit "AH-ah, AH-ah, AH-ah..." A quoi ça tient, tout de même, un orgasme musical...
30 avril 2008
Portishead - Third

Le dernier Portishead est tout simplement incroyable ! Noir et mélancolique, violent et tendre à la fois, il s'impose comme le meilleur album de l'année (c'est pas dur) et a de bonnes chances de le rester. On notera un sens de la rupture, du décalage, une fausse douceur vite détrompée par l'assaut d'instruments malmenés jusqu'à la dissonance.
Dès l'intro de "Silence", la batterie attaque sèchement, les guitares couinent, grincent, des sons stridents résonnent. Sur cette base apocalyptique, Beth Gibbons vient poser sa voix fragile et sensuelle à la fois. Voilà un début d'album impressionnant de brutalité. La chanson se termine d'une façon remarquablement abrupte.
On enchaîne sur le trompeusement moelleux "Hunter". La gentille ballade promise est bientôt traversée de méchants riffs de guitare, puis d'une pluie de sons électroniques. Tout un art du contraste, propre à instaurer une ambiance très particulière.
"Nylon Smile" offre cette amertume des textes de laquelle le groupe est familier, une mélopée sur un rythme hâché.
"The Ripe" démarre elle aussi comme une chanson très douce, s'emballant pour une transe électronique un peu bizarre.
"Platic" fait entendre toutes sortes de bruits étranges, en décalage complet avec les paroles sussurrées d'un ton dramatique. On pourrait penser que ça casse l'effet mais non, ça instaure juste une atmosphère très particulière.
"We Carry On" est une superbe chanson sautillante, transmettant une urgence hystérique. Difficile à décrire ! Si cette musique reflète l'état mental des membres du groupe, quelle magnifique confusion doit régner dans leurs cerveaux !
Si l'intro de "Silence" était quelque peu brutale, c'est une grosse claque qu'on reçoit en pleine figure avec celle de "Machine Gun". D'une dureté implacable, la musique rend la voix de la chanteuse encore plus fragile.
"Small" : la surprise au bout de la tristesse... Une magnifique chanson, encore très grinçante, au rythme martial, qui part en déluge sonore pendant 6 minutes 45.
Le disque s'achève avec la mélancolie langoureuse de "Threads", poussée jusqu'à des envolées rauques qui s'évanouissent au milieu de sons graves rappelant des paquebots quittant le port. Une fin proprement sublime.
- Silence
- Hunter
- Nylon Smile
- The Rip
- Plastic
- We Carry On
- Deep Water
- Machine Gun
- Small
- Magic Doors
- Threads
19 avril 2008
Ritournelles, sueur et ampoules

N'ayant pu décider aucun membre de mon entourage à
m'accompagner au concert des Breeders (les hommes sont des petites
natures), j'ai décrété : "Bon ! très bien ! Puisque c'est comme ça,
j'irai seule et je sauterai dans tous les sens comme une adolescente
sous ectasy !" Et, finalement, exceptée la partie concernant l'ectasy,
j'ai passé une très bonne soirée à la Cigale.
Sitôt terminée la première partie oubliable (beaucoup trop bruyante,
quoique sympathique, sans plus), les techniciens ont commencé à
installer un décor à base de grosses ampoules. Pas de chichis de stars
: elles n'ont pas attendu une heure pour venir jouer. Une des soeurs
Deal a même pointé le bout du nez pour donner des conseils aux
techniciens pendant l'installation de la scène. Sont donc arrivées :
Kim et Kelley Deal, en jean et t-shirt informes, le cheveux gras ou
mouillé, le sourire éclatant ; une rousse à dreadlocks discrète, qui ne
participerait que de temps en temps ; Mando Lopez, bassiste ; Jose
Medeles, batteur énergique et visiblement enchanté d'être là.
C'est un plaisir de voir les jumelles sur scène. Très à l'aise, elles
plaisantent, se chamaillent gentiment, font des bonds en tirant sur
leur pantalon pour le remonter. Ca c'est de la vraie femme comme je les
aime, qui se renifle sous les bras ! Elles interpellent les
musiciens de gros "yok !" et d'éclats de rire tonitruants qui tranchent
avec leur douce voix quand elles chantent.
Dès le premier titre, "Tipp City" (hourrah !), j'ai su que ça allait
bien se passer. Tous les albums y sont passés. Les titres de Mountain Battles,
le dernier, passaient très bien en concert. "Bang On", "Overglazed", "It's the Love"...
Mélodiques, sautillantes, je les ai aussitôt adoptées. La fraîcheur des
chansons, cette fameuse touche Breeders qui me surprend toujours,
ressort encore plus en direct. Je pense que Kim Deal est une des
meilleurs compositrices rock actuellement. Toujours très simples en
apparences, sans surproduction, ses chansons présentent des
constructions parfaites, aux mélodies séduisantes et subtiles, sans
longueurs superflues : souvent une fin nette et brutale, au lieu d'un
énième refrain, suffisamment frustrante pour donner envie de repasser
la chanson sur le champ.
Les titres alternent puissance et délicatesse, tel le très doux "Here No More" qui m'a bercée avant de dégénérer en fou rire chez les deux soeurs. Comme on pouvait s'y attendre, elles ont eu un joli succès avec "Cannonball" et tous les titres de Last Splash joués ce soir-là. Un seul rappel, attaqué avec un "Overglazed" enthousiaste et ses "I can feel it !" déclamés avec concentration par une Kim Deal au clavier.
Musique délicieuse, attitude formidable (on fermera les yeux sur l'accent effroyable de Kim Deal essayant de parler français), je suis redevenue fan sans la moindre retenue de ces musiciennes déjantées. Ne manquez pas la vidéo de la fête de sortie de l'album, qui permet mine de rien d'écouter le disque dans son intégralité et donne une bonne idée de la décontraction du groupe !
11 avril 2008
Ministry - The Last Sucker
Traitement de choc contre la morosité : Nutella et décibels. Je suis revenue à mes classiques et y'a pas à dire, ça fait du bien. Comment ai-je pu me passer aussi longtemps de Psalm 69 et The Mind Is a Terrible thing to Taste ? En un mot comme en cent : c'est une tuerie ! Je me mets à hurler : "Fiiire !" sur Thieves, "Breathe !" sur... "Breathe", donc, et à sauter comme une dératée de NWO à Grace.
Alors quand je m'avise de la sortie du dernier album de Ministry en 2007, concluant une trilogie anti-Bush (inaugurée par Houses of the Molé et Rio Grande Blood), je me dis : "Chouette, ça tombe bien, je ne suis pas encore sourde !". Et je me suis éclaté (les tympans) à écouter The Last Sucker. Cet album est monstrueux et jouissif, encore beaucoup plus métal qu'électro, comme les précédents

Dès "Let's Go", un gros son nous tombe dessus, avec un chant délirant, une mélodie assez fraîche sous la couche électrique. J'ai trouvé ce disque très "joueur" dans l'ensemble, diaboliquement entraînant, malgré la pesanteur caractéristique de ce type de musique (voir les beuglements de "Life Is Good"). C'est un plaisir coupable que véhiculent les choeurs hystériques dans "The Dick Song" et le rythme proprement dément de "No Glory", traversé de "corruption" implacables.
Mais celle qui me fait complètement perdre la tête est poétiquement intitulée "Death and Destruction" et, après l'avoir écoutée trois fois de suite, je suis bonne à mettre au lit une fois la surexcitation retombée !
13 mars 2008
Des sorties d'albums en perspective !
D'un seul coup, d'excellentes nouvelles qui vont enfin me faire dépenser quelques sous pour la bonne cause : la musique !
C'est mardi que j'ai tendu avidement l'oreille vers la radio. Sur une musique rugueuse-poisseuse, une éplorée faisait entendre un si joli brin de voix que je me suis dit : "Tiens, ça sonne comme du Portishead méchant..." C'était bien Portishead ! Je suis aux anges ; le groupe n'a rien sorti depuis dix ans (à part le live et les projets solo). L'album Third (le croiriez-vous, c'est leur troisième !) va sortir fin avril et il est bieeennn ! Bon, je sais, je ne devrais pas le savoir mais j'ai écouté une partie des chansons, sans les garder sur mon ordinateur, avec la ferme intention d'acheter le CD. C'est une très belle évolution depuis le précédent, Portishead, avec un côté plus sale et violent, mais toujours une recherche intéressante sur les rythmes, des ambiances glauques et sensuelles.
Dans le même genre de retrouvailles avec un groupe qui a bercé la fin du lycée, un nouvel album des Breeders. J'ai aimé tout ce que fait Kim Deal depuis la fin des Pixies. L'un de mes albums préférés est Pacer avec son groupe de l'époque, The Amps. Je suis toujours épatée par sa faculté à construire des chansons légères et réjouissantes, avec des mélodies adorables, le tout avec une énergie rock mise en valeur par son timbre de voix attachant. Voici donc Mountain Battles, qui ne dépare pas aux albums précédents du groupe.
Une autre sortie intéressante pourrait être Saturnalia des Gutter Twins, groupe comprenant notamment Mark Lanegan des Queens of the Stone Age et du délicieux album avec Isobel Campbell, Ballad of the Broken Seas (me semble avoir entendu parler d'un autre projet entre ces deux-là).
Et puis, je vais peut-être finalement acheter White Chalk de PJ Harvey. Je l'ai réécouté, il se défend bien. Il n'est même pas impossible que j'aie été émue à l'écoute de certains titres. Bref, j'ai envie de l'adopter.
24 février 2008
Torture pour tympans, première séance
"Tuit !" (sol) "Pruiiit !" (la) "Scrîîîîî !" (si) "Aouhouuu !" (chien du voisin)
Après un acharnement indescriptible, j'ai fini par obtenir la première leçon de flûte depuis le collège dont je rêvais. Evidemment, j'ai tout oublié. Il faut tout reprendre à zéro.
Réapprendre le nom des notes, leur emplacement sur la portée et, accessoirement, là où je dois poser mes doigts sur les trous pour produire des sons propres à terrifier tous les animaux alentours.
Mais il y a des trucs qu'on ne m'avait jamais dit, comme la meilleure façon de placer la langue. j'ai aussi une fâcheuse tendance à serrer l'instrument comme un parapluie un jour de tornade, ce qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'aide pas à bien boucher tous les trous et produit des résultats... inattendus.
A la fin de la leçon, improvisée entre la sieste et le thé, j'étais en mesure d'interpréter avec une touchante maladresse "Fais dodo". La prochaine fois, je m'attaque à la "Sonate pour flûte seule" de Jean-Sébastien Bach.
Charmante photo trouvée là)
04 décembre 2007
Radiohead - In Rainbows

Près de deux mois après le lâchage dans la nature des titres du dernier album de Radiohead, j'y vais de ma petite note, ayant largerment eu le temps d'apprécier les qualités de ce "disque". C'est ça qui est bien quand on sort de la logique marketing (affiches de dix mètres de haut, matraquage à la radio, clip en boucle sur une innommable chaîne de télé, critiques se teminant impérativement par "urgent et indispensable"...), on peut prendre son temps pour décider ou non de télécharger les titres, les écouter tranquillement sans ressentir le besoin de les adorer tout de suite parce qu'on a déboursé 20 euros pour les avoir. J'ai mis du temps à comprendre ça mais l'industrie musicale, c'est avant tout de la manipulation psychologique.
Or donc, je n'ai pas payé pour les mp3 de In Rainbows. Désolée, mais je n'ai jamais payé pour des mp3. J'aime bien avoir l'objet CD dans les mains quand un album me plaît et on pourra dire ce qu'on voudra, ce n'est pas la même qualité sonore. J'attends donc de pied ferme la sortie du disque le 31 décembre, car j'en suis sûre, je l'aime !
Dès le premier titre, "15 Step", je suis frappée par l'aspect virevoltant de cette musique, d'une richesse mélodique impressionnante. Le groupe a la capacité de passer d'une ambiance à l'autre en quelques secondes, d'une transition élégante. C'est une chanson joyeuse avec des cris d'enfants, qui plonge en même temps dans des atmosphères à vous tirer des larmes de pure émotion esthétique.
A nouveau une décharge d'énergie avec "Bodysnatchers".
"Nude" s'annonce comme un slow sucré, et que c'est beau quand Thom Yorke pose sa voix suraiguë sur une mélodie tout simplement à tomber par terre ! C'est d'une telle perfection, sa voix charrie des centaines d'émotions à la seconde, à ce niveau-là c'en devient surnaturel.
Un départ anodin pour "Weird Fishes/Arpeggi" qui se lâche en spirales soniques, une de ces chansons-labyrinthes dans lesquelles on aime se perdre.
Les titres 5 et 6, avec le 10, sont calmes, très doux, plus classiques dans la structure. "Jigsaw Falling Into Place" est une belle chanson pop, ce qui veut dire beaucoup, avec Radiohead.
"Reckoner" nous entraîne de nouveau dans l'extase la plus pure avec cette superbe voix.
"House of Cards" est la chanson de l'album. Ca commence comme une petite ballade pépère, on ajoute des effets de voix éthérés, créant une tension agréable. Viennent les paroles : I don't want to be your friend, I just want to be your lover..." Des nappes de guitares nous plongent en plein mystère, le "Tonight" lancinant de Thom Yorke me reste dans la tête des journées entières... Une chanson triste et sensuelle, légère et émouvante, tout simplement inoubliable.
1. 15 Step
2. Bodysnatchers
3. Nude
4. Weird Fishes/Arpeggi
5. All I Need
6. Faust Arp
7. Reckoner
8. House of Cards
9. Jigsaw Falling into Place
10. Videotape
23 novembre 2007
La transe du chameau

Hier soir, bravant grèves des transports, migraine et forte envie de me planquer sous la couette dès 20h, j'ai retrouvé mon cher Berlioz comme prévu pour une soirée musicale des plus chaleureuses. Partageant le goût du désert (mitigé chez moi mais quand même, c'est beau), je lui ai vanté les charmes de la musique touareg, qui fait mes délices depuis un peu plus d'un an. J'aurais adoré aller voir Tinariwen le 7 décembre, si ma soirée n'avait déjà été prise. Qu'à cela ne tienne, je me suis jetée sur le concert de Toumast du 22 novembre !
Finalement, j'en savais peu de choses, de ce groupe, sinon qu'il exprimait à merveille ce blues lancinant qui se ballade entre Algérie, Mali et Niger. Leur album Ishumar est une merveille de mélodies hypnotiques et de chant poétique. A vrai dire, j'avais presque peur de m'endormir pendant le concert, étant donné mon état de fatigue de ces derniers jours.
Aucun risque, je l'ai vite compris, quand les musiciens ont commencé à jouer dès la sortie du duo Scotch et Sofa en première partie ! D'abord, Moussa Ag Keyna est entré seul sur scène, très digne avec son chèche d'un indigo soutenu formant une tour impressionnante sur sa tête. Il a égréné quelques notes typiques sur sa guitare, la magie a opéré... Puis les deux autres touaregs sont arrivés, celle sur l'affiche qui allait jouer et chanter, l'autre étant un percussionniste bondissant, mais aussi deux français, dont un batteur. Et c'est là que les choses ont dégénéré, car le batteur a joué tout du long à la façon d'un rockeux de base, tellement fort qu'il noyait le son des autres ! Ca m'a un peu crispée au début, jusqu'à ce que la musique monte en puissance et m'entraîne dans ses volutes puissantes. N'empêche, les claps typiques de ce style de musique me manquaient...
"Allez-y, vous pouvez danser, on ne fait pas de la musique de marabout !" s'est écrié le chanteur. Le New Morning est une salle intimiste, avec des chaises disposées autour de petites tables. L'espace libre devant la scène étant assez réduit, j'ai surtout dansé sur ma chaise, tandis qu'un petit groupe se lançait en des mouvements sensuels et harmonieux. Et comment résister à cette musique endiablée, de la pure transe électrique, traversée des "youyou" stridents de la chanteuse (et quelques uns dans la salle) ?
Musiciens excellents, emportés par leur propre son, public tanguant à l'unisson... L'esprit rock est au Sud !
30 octobre 2007
Ah, Tosca !
La semaine dernière, a eu lieu une grande première : je suis allée à l'opéra !
Rien ne m'y prédisposait. Ma famille manifestait un goût prononcé pour la variété française, moi-même n'apprécie rien tant qu'un bon groupe punk à hurleuses. Le prix, évidemment, constitue un frein puissant. Me voici donc telle Cendrillon, catapultée dans le grand monde grâce à l'amouuur.
Je n'étais jamais entrée à l'intérieur de l'opéra Bastille et j'ai été impressionnée par son architecture, grandiose et moderne. Nos places d'abonnés nous permettaient bien de voir la scène, même s'il m'aurait fallu des petites jumelles pour bien distinguer les chanteurs.
Et quels chanteurs ! Une seule voix féminine dans les rôles principaux, celle de l'héroïne, la Tosca. Tous avaient une voix magnifique, déployaient leurs effets sans effort apparent, dans des conditions sonores optimales. "Ils n'ont pas de micro, hein ?", ai-je demandé à Quintilien, provoquant son hilarité.
Le public était d'une autre classe que nous, au sens social, uniquement. Ca se la pétait à mort pendant les entractes avec ses smokings et ses robes élégantes, sous les brushing impeccables... On a beau savoir qu'elles existent, ça fait un choc de se trouver nez à nez avec ce genre de personnes.
Une nouvelle chose que je fais pour la première fois avec mon cher et tendre, après les promenades en montagne, les grenades juteuses, les vraies glaces italiennes, les tendres regards échangés entre amoureux...
18 octobre 2007
La diva et les grosses guitares

Bon, ben contrairement aux critiques dithyrambiques lues ça et là, je ne suis pas particulièrement fan de White Chalk, le dernier album de ma, pourtant, musicienne préférée - admirée - prise - en - modèle - sauf - que - moi - j'ai - une - voix - ridiculement - aiguë - en - comparaison - et - j'ai - le - plus - grand - mal - à - reproduire - ses - chansons - sous - la - douche - sauf - quand - je - suis - bien - grippée.
Toutes les chansons sont jouées au piano, mélancoliques, bien tournées, mélodieuses. Mais je ne peux m'empêcher de songer qu'il s'agit là d'ébauches et qu'elles auraient besoin d'être un peu plus produites. Fan de PJ Harvey de longue date, comment pourrais-je me contenter de titres à la (la comparaison n'est pas de moi) Tory Amos ? D'ailleurs, je pense qu'elle a composé tous ses albums comme ça, à l'origine, une trame dépuillée, mais elle savait ensuite insuffler à ses chansons une énergie folle, vertigineuse. Uh Huh Her avait été un grand cru, il y a trois ans, où elle exprimait la même hargne qu'à ses débuts, avec le côté pop exploré depuis.
Malgré tout, je regrette toujours de ne l'avoir jamais vue en concert. Les circonstances en 2004 étaient un peu trop... difficiles, à tous points de vue, pour que je me rende à l'une des deux soirées du Zénith, dont un ami m'avait fort à propos offert le pirate That Girl Can Help You, comprenant quelques titres détonants ne figurant pas sur l'album (dont le rageur "Uh Huh Her").
J'ai donc pensé qu'une date pourrait être prochainement prévue, avec raison : le 16 Novembre au Grand Rex, complet (évidemment !). Que la grande salle soit archi comble plusieurs semaines avant, il n'y avait pas de quoi me surprendre. C'est le prix des billets qui m'a fait dresser les cheveux sur la tête : de 52 à 79,50 euros ! Alors là, quand même, qui peut se permettre de dépenser de telles sommes pour un concert rock ? Certainement pas le public habituel, plutôt jeune et populaire. Et puis je n'ai pas envie de rester le cul sur une chaise en velours rouge pendant que PJ Harvey joue ses chansons, c'est complètement détourner l'esprit de son oeuvre, même "apaisée" (euphémisme pour "chiante"). Aller voir Lisa Gerrard dans cette même salle, au printemps dernier, a été une expérience inoubliable, mais ses chansons se prêtaient tout à fait à une ambiance recueillie. Mais PJ Harvey en diva, ça ne colle pas !



