26 février 2007
Idéal d'indépendance

Période d'"inactivité", employée à meilleur escient qu'à me battre avec des furies vulgaires. Jamais je n'avais ressenti à ce point le travail en entreprise comme un carcan, nuisible à moyen terme pour ma santé... Je me consacre pour l'heure à mon projet, qui a avancé d'un cran pour dévoiler des obstacles encore plus difficiles.
J'ai envie d'avancer dans la vie, mais pas dans les voies que j'ai pu explorer auparavant. Tout ça me rend globalement désespérée et pessimiste, rapidement exaspérée par les contrariétés de la vie quotidienne.
Marrant comme à chaque boulot occupé, mes collègues abordables me pressaient de vivre en couple pour résoudre tous mes problèmes. Il me semble, moi, que ça ne ferait qu'aggraver les choses, du point de vue professionnel, en tout cas. J'y ai bien réfléchi. Dans ma situation actuelle, si j'emménageais avec mon loulou, et donc chez lui, qui dispose de l'appartement habitable (moi, j'ai le clapier à camping), je me retrouverais de fait totalement dépendante économiquement. Le confort matériel me dispenserait d'une recherche assidue d'emploi et je ne tarderais pas à demander le RMI / me renfermer sur moi / culpabiliser de ne rien faire et donc me tourner (horreur !) vers les tâches ménagères histoire de me sentir utile. Bref, la vie en commun ne me semble absolument pas envisageable tant que je n'aurai pas, d'abord, une profession un tant soit peu stable.
21 février 2007
Cliché volé

On croit qu'il suffit d'acheter un petit appareil photo numérique pour prendre des photos en toutes circinstances. C'est oublier que les conditions de prise de vue ne sont pas toujours optimales. Et surtout qu'on peut hésiter à sortir son appareil, voire se le faire interdire.
Je repense ainsi à toutes les photos que je n'ai pas faites, tels ces inconnus superbes ou émouvants dans le métro. Une pensée aussi pour cet employé municipal, vêtu d'une combinaison vert pomme, qui portait une pile de bornes orange fluo ; la tête m'en tourne encore.
Je peux cependant me féliciter de petites victoires. L'autre fois, on se promenait avec Quintilien quand une vitrine a semblé nous réclamer à grands cris de la photographier. Comme hypnotisés, nous avons sorti chacun notre appareil, nous plaçant aux angles qui nous semblaient les plus intéressants. Je prenais mon temps pour cadrer mon image (j'ai découvert, à mon grand dam, que je penchais légèrement à droite dans beaucoup de mes prises de vues ; je souhaite de tout coeur que ce dangereux symptôme ne se manifeste pas dans l'isoloir au printemps prochain...), lorsqu'un vigile m'interpella brusquement :
- Vous n'avez pas le droit de prendre des photos !
- Ah bon, pourquoi ?
- Vous n'avez pas pris de photo, là, hein ?
- Non non [clic !]
- Parce que c'est interdit, j'ai reçu des consignes à ce sujet. Vous êtes sûre que vous n'avez pas pris de photo ?
- Nooooon. Dommage, au revoir !
Nous sommes sortis sans demander notre reste, avons marché sur une petite distance, avant de comparer nos clichés respectifs. Quintilien, bien entendu, avait mitraillé depuis la porte. Quant à moi, même dans l'affolement, le résultat n'était pas mal du tout.
Maintenant, on peut s'interroger sur le pourquoi d'une interdiction de photos qui ne pourrait que faire davantage de pub à l'enseigne si elles étaient diffusées...
29 janvier 2007
...

08 novembre 2006
Coup de vieux
Houlà ! On m'avait prévenue, mais que l'atterrissage est difficile ! Je me retrouve dans une ville moche, grise et sinistre, dans des espaces confinés, à me battre avec mes habituelles difficultés matérielles et existentielles... Retour à la réalité, rappel tardif de parents, amies.
Je me souviens comme j'avais dramatisé lors de ma dernière conversation avec Aldénore, théoriquement ma meilleure amie. Coup de fatigue, de déprime, mon jugement était impitoyable. Ce n'est pourtant pas une mauvaise bougresse !
Hier soir, longue discussion sur les lectures de sa fille aînée, âgée de sept ans. Elle lit depuis trois-quatre mois (la chanceuse ! elle a tout à découvrir), et sa mère a découvert, désolée, qu'elle avait ramené un roman policier assez vulgaire de la bibliothèque de l'école. Moi, tout de suite tolérante :
- Bah, ça peut être bien aussi de s'évader dans la lecture, sans forcément chercher des livres éducatifs...
- Oui, mais là, il y avait des passages avec des personnages qui "se prenaient des coups de pieds dans les couilles" (sic), tu vois...
- Ah, heu... là d'accord, ça serait quand même mieux qu'elle ait accès à un autre niveau de langage que celui qu'elle peut pratiquer pendant la récréation.
Et là, je fais travailler mes méninges. Non, évitons de nous souvenir de la petite chose, posée dans un coin du divan, jouant avec une fleur avec un vif contentement, s'exprimant par des babillements à peine articulés. Elle sait déjà lire ! En adulte responsable, j'émets des propositions : une enquête non officielle auprès d'une trentaine d'internautes a révélé que la plupart des femmes de ma génération, et même de celle d'avant et de celle d'après, avaient débuté la lecture par la Comtesse de Ségur. Moi-même, j'ai lu et relu les Petites filles modèles, pas tellement pour le message moral, qui me passait au-dessus de la tête, que pour la justesse des portraits et la vivacité des dialogues. Je décide de ne pas parler du Club des Cinq, décidément trop sexiste, qui m'avait pourtant passionnée un moment, et je préfère évoquer Fantômette : en voilà une héroïne géniale, dynamique, drôle, dans des intrigues certes policières mais pas sanglantes pour deux sous. J'aimerais bien d'ailleurs m'en procurer l'intégrale, car je suis loin d'avoir lu tous les tomes.
J'ai perçu un certain désarroi chez Aldénore, qui constate qu'elle n'a pas des enfants parfaites, c'est-à-dire affectueuses et obéissantes en toutes circonstances. Le discours que je tiens sur ma mère n'est pas pour la rassurer, pourtant difficile de trouver deux femmes plus différentes ! Je l'ai rassurée, ai suggéré la diffusion familiale des Mystérieuses Cités d'or, assumant ma situation de vieille croûtonne qui rabâche ses propres références enfantines. Déjà, je sens bien que je m'intéresse moins aux nouveaux groupes qu'à mes disques fétiches...
photo trouvée ici
10 octobre 2006
Quintilien
Un an, déjà, que je le connais. Jamais je n'aurais cru que ça pouvait être aussi court. Abonnée aux histoires qui finissent avant d'avoir commencé, je pensais que les relations de plus de trois mois étaient réservées à une autre catégorie de personnes, celles qui ne doutent jamais d'être aimées, entourées.
Si les mois ont filé aussi vite, avec Quintilien, c'est que pour la première fois j'ai rencontré quelqu'un avec qui je me sens parfaitement à l'aise. Pas de critiques, de sarcasmes, d'agressivité larvée, qui composent souvent le fond de ce que les homme tiennent pour un esprit élevé.
Il est intelligent et mesuré et, sans être exactement similaires (encore heureux !), nos opinions se retrouvent fréquemment sur les mêmes sujets.
Il est sensible et tendre, tout en se défendant énergiquement d'être romantique. Il garde précieusement les cadeaux fabriqués par ses enfants, mêmes ébréchés.
Parfois, je me sens dure et égoïste en comparaison. J'aimerais tant qu'il ressente la même tendresse que celle dont il m'entoure.


03 octobre 2006
Un téléphone, qui sonne au milieu de la nuit...
(chanter sur l'air du générique de Zorro)
Ca m'arrive pas mal, ces derniers temps. Et en plus, je suis assez bête pour décrocher ! La plupart du temps, je me dis que quelqu'un qui prend la peine de m'appeler à quatre heures du matin a sûrement des choses très graves à me dire. Ou alors c'est un amoureux éconduit qui a besoin d'entendre ma voix, et je n'ai pas envie d'être cruelle au point de lui ôter toute raison de vivre [bon, là, c'est de l'ordre du fantasme, car je n'ai jamais éconduit personne, plutôt le contraire...].
La nuit dernière, un "Moghedien ? Moghedien, c'est toi ?" excité m'a vite faite déchanter. Une erreur. Mais qui sont ces gens pour s'appeler à des heures pareilles ? J'ai coupé net une nouvelle tentative, sachant d'expérience qu'on recompose exactement le même faux numéro en essayant d'avoir la bonne personne...
Ce week-end, par trois fois j'ai laissé mon téléphone sonner dans le vide, occupée à des activités qu'on ne peut impunément lâcher. Mais quel était donc ce mystère ? Une entreprise qui avait tellement aimé mon CV qu'elle me contactait un dimanche ? Evidemment, c'était juste ma mère, mais pourquoi apparaissait-elle en numéro privé, aussi ??
Au début de l'été, un phénomène très étrange s'est produit. Durant quelques semaines, on m'appelait dans la nuit du lundi au mardi, à quatre heures du matin environs. Furieuse d'être réveillée en pleine nuit, j'éteignais immédiatement mon portable. Le numéro qui s'affichait semblait des plus réguliers. Quelqu'un qui me jouait une farce ? Comme l'incident s'était produit à plusieurs reprises, j'ai rappelé le fâcheux à une heure convenable,pour en avoir le coeur net. Une femme s'est annoncée, avec une appellation compliquée. "Vous êtes... un magasin ? - En fait, je travaille au marché de Rungis, j'appelle des clients." Autant pour mes théories hasardeuses, des plus revanchardes aux érotomanes. Mon numéro ressemblait à celui d'un marchand de légumes.
[photo irrésistible trouvée ici]
21 septembre 2006
Aller de l'avant ?
Bon, maintenant j'ai bien profité de mes grandes vacances, mais je dois me rendre à l'évidence : je me fais chier chez moi toute seule !
Je ne me tourne pas les pouces, cela dit. Véritable machine à lire, je me consacre à un sujet qui m'a toujours passionnée. Si je pouvais en savoir le plus possible sur ce domaine, peut-être, parviendrai-je un jour à en faire un roman...

Une invitation tout à fait officielle pour la Toussaint m'empêche de rechercher un travail stable. Vous imaginez la scène : "Oh oui, cet emploi m'intéresse beaucoup. I want this job ! A propos, j'envisage de partir en vacances dans trois semaines..."
Du coup, j'ai appelé pour un boulot alakon cette semaine. Ca ne devrait pas être trop dur d'y rentrer, et un poste de vacataire serait tout à fait adaptable à mes projets à moyen terme.
Après, je réfléchis : ça ne ressemble toujours pas à une carrière, je vais bientôt avoir trente ans, je suis en train de me saborder... Tout va bien. [photo http://enluminure.free.fr/pageshtml/techniques.htm]
06 septembre 2006
Le fossé se creuse
Il existait une valeur sûre dans mon carnet d'adresse.
"Ma meilleure amie", continuais-je à dire. La plus ancienne, plutôt. Je n'arrive pas à garder contact avec les gens, quand je déménage. A vrai dire, à chaque fois que j'ai changé de ville, c'était avec l'idée qu'étant donné le vide de ma vie sociale, je ne perdais pas grand chose. Pourquoi les gens n'appellent jamais et semblent pourtant ravis quand je les recontacte, c'est une autre histoire, dans laquelle je ne m'aventurerai pas aujourd'hui...
J'étais restée en contact avec Aldénore depuis le collège. Nos chemins avaient manifestement bifurqué après le lycée. Cependant, malgré son mariage précoce, elle restait fréquentable et s'avérait de bon conseil, bien mieux que la plupart des gens qui s'empressaient de m'imposer leur point de vue dès que je leur exposais un problème.
Mais une vie de ménagère parfaite dans une petite ville de province peut corrompre les esprits les plus purs.
Tout m'a énervé dans sa conversation, depuis les proverbes faiblards ("tout vient à point à qui sait attendre"), les admonestations à entretenir de bonnes relations familiales alors qu'elle ne sait rien de la situation ("c'est ta mère quand même"), jusqu'à la question à la con, qui suffit à elle seule à faire le tri dans mes relations :"alors, tu ne veux toujours pas d'enfants ?".
Vide, pauvre, inintéressant.
28 août 2006
Nom de code : feignasse
De retour de mes trois semaines au vert. Je n'avais pas pris de vacances depuis quatre ans (euh... les mois de chômage, ça compte ?) et en plus je découvrais une superbe région montagneuse pour la première fois.
J'avais très envie de profiter des merveilles de la nature, mais dur de suivre mes deux sportifs ! J'ignore si c'était le coeur ou les jambes, ou les deux, mais ça ne suivait pas. Je suffoquais au bout de deux minutes dans les montées, songeant que ces splendides versants boisés et ces torrents turquoise dans des vallées encaissées ne s'offraient pas facilement au regard.
Heureusement, quelques motivations bassement matérielles m'encourageaient à continuer tôt ou tard : tapis de myrtilles à perte de vue, buissons énormes de framboises ou de mûres, la montagne savait se montrer généreuse à l'occasion. Sans oublier ma passion pour les gentilles bêtes poilues, qui m'a conduite à m'extasier sur les rares marmottes dodues qui pointaient leur nez au détour d'un chemin.
La partie psychologique est plus délicate. J'étais partagée entre un sentiment de confort, de tranquilité, l'impression d'être entourée, et le besoin insistant d'être seule. Prendre sa douche à heure donnée, mais en faisant attention à la quantité d'eau chaude restante pour les autres, partager chaque plat en trois parts égales, sentir un regard sur le moindre de mes gestes... Je n'ai jamais été douée pour la promiscuité. Comme tout le monde, j'ai fait des efforts, jusqu'à finir par apprécier l'ambiance familiale, mais je ne crois pas être prête pour une vie commune avec mon homme. Pour d'autres vacances en amoureux, toutefois, c'est quand il veut !
29 juillet 2006
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