13 août 2009
Hot Hot Computer
La main sur la souris, j'écoute attentivement ce que me dit la voix monocorde.
- Cliquez sur l'outil Insertion automatique et précisez que les insertions automatiques dont vous aurez besoin se trouvent dans le modèle Courrier commercial. Validez ensuite par le bouton OK.
C'est une voix agréable, je commence à beaucoup l'aimer. Elle me plonge dans une torpeur frissonnante, au bord de l'orgasme. Je m'empresse de faire l'exercice qui suit la leçon, en espérant qu'elle est satisfaite de moi.
- Dans l'intention d'utiliser l'abréviation PL, ouvrez la liste Toutes les entrées. Cette liste présente les insertions automatiques classées en fonction du style dans lequel elles ont été enregistrées.
Vraiment, l'autoformation à la bureautique est une belle trouvaille. Il faudrait appliquer cette méthode à d'autres aspects de la vie. A tout hasard, la rencontre amoureuse. Imaginons la belle voix de robote frigide expliquer posément:
- Pour obtenir un rendez-vous, placez-vous devant la personne de votre choix, dites-lui bonjour et proposez-lui d'aller boire un verre le soir. Activez l'option Numéro de téléphone. Pour cela, tenez votre téléphone portable dans la main droite et dites : "Je vais noter ton numéro, au cas où il y aurait un empêchement." Taper les 10 chiffres du numéro de téléphone et validez.
Hmm... je suis sûre qu'on peut trouver encore d'autres thèmes de leçons.
- Approchez vos lèvres des siennes et exercez une légère pression pour les entrouvir. Passez la main sur sa nuque et effectuez un léger mouvement de haut en bas très lent. Touchez sa langue avec la vôtre et...
Bon, j'arrête, ça devient vraiment n'importe quoi. Quand ma leçon de traitement de texte vire au fantasme éveillé, il est temps d'aller au lit.

Cindy Sherman, Untitled #305
10 août 2009
Ta grand-mère sur Facebook

Le Web 2.0, c'est merveilleux. Ca ouvre de nouvelles possibilités de sociabilité. C'est l'achèvement de la démocratie ; chacun peut faire entendre sa voix et débattre des thèmes qui l'intéressent ! Les réseaux s'étendent et élargissent les horizons professionnels, amicaux, associatifs !
Je m'intéresse à quelqu'un. Je le googlelise, comme ça, innocemment. Je découvre des dizaines de liens sur ses activités, ses créations. Les pseudos en renvoient à d'autres qui me renvoient à une oeuvre déroutante, hermétique. La personne souriante qui me plaisait devient soudain un intellectuel cérébral, un artiste prolifique, quelqu'un qui a visiblement une vie trop bien remplie pour que j'y tienne la moindre place. Je m'efface, dépassée.
Je hais quelqu'un. Depuis le collège. C'est la seule personne au monde que je tuerais avec plaisir, lentement. Ma haine meurtrière me poursuit durant mes insomnies. Je la tiens pour personnellement responsable de ce que je suis devenue, une loque hagarde, hantée. Je la retrouve sur Copains d'avant. Elle est devenue rédactrice dans une compagnie d'assurances. Elle vit toujours dans ma ville natale. La photo de son profil la montre radieuse, portant un bébé. Elle est désespérément banale. Je n'ai même plus envie de la tuer.
Ma meilleure amie et moi tenons chacune un blog. Nous écrivons sur les menus faits de la vie quotidienne et nous commentons l'une l'autre abondamment. Entre ses petits boulots, ses soucis financiers et familiaux, nous n'avons pas beaucoup le temps de nous rencontrer en vrai, mais sa présence virtuelle me donne l'impression qu'elle est à mes côtés. Puis elle se met à raconter ses nombreuses sorties au théâtre, concerts, cinéma. Je tente de me réjouir pour elle mais je me sens irrémédiablement mise à l'écart. Un jour, elle arrête de tenir son blog. J'apprends trois ans plus tard, par une autre personne, qu'elle s'est mariée.
Une copine de fac me salue sur Facebook. Elle me dit combien elle est heureuse de me retrouver, que sa période d'étudiante lui manque beaucoup. Je suis loin de partager sa nostalgie. Je retrouve la dernière lettre qu'elle m'a envoyée, il y a presque dix ans : "Je me marie dans un mois. Au secours, je ne l'aime pas vraiment ! Je suis en train de faire une terrible erreur. Je crois que je vais tout annuler." Son profil Facebook révèle pourtant une photo de famille idyllique, l'amie souriante, un bébé potelé dans les bras et un autre dans le ventre, le même homme qu'elle fréquentait il y a dix ans. Elle veut savoir ce que je deviens. Mes tâtonnements professionnels et sentimentaux trouveront-ils grâce à ses yeux ?
Ma cousine tient un blog. Je vais le lire de temps en temps, me demandant si des retrouvailles seraient appropriées après plusieurs années sans la fréquenter. Le ton me déplaît. Elle ne parle que de ses enfants, son mari, sa maison. Elle semble tout savoir, être la plus belle et émet des opinions politiques consternantes. Surtout, elle ne parle jamais de moi et je suis un peu vexée. Un jour, enfin, dans un texte revenant sur son adolescence, je lis au détour d'une phrase : "ma cousine à moitié autiste". Je reporte à plus tard le message que je comptais lui envoyer.
29 avril 2009
Pause ?

Janvier 2009 Avril 2009
Je ne sais pas si cela vaut la peine de continuer à tenir ce blog.
A bien des égards, ce type de "journal extime" ne revêt un intérêt pour la personne qui le tient que dans la mesure où elle ressent quelque manque dans sa vie quotidienne.
La vie repart, laissant de côté l'envie de noter événements et réflexions qu'on portait au regard extérieur pour se donner l'illusion de partager quelque chose.
Ajout du 1er mai 2009 :
Non, pas une pause, un réaménagement complet ! Je commence dès à présent à supprimer des notes, à réorganiser les catégories. Ce blog devrait avoir sous peu un nouveau visage.
19 février 2009
Pour des blogs non repérables
Une forme de récupération de la blogosphère par le marketing me tracasse, depuis plusieurs mois. Je ne parle pas ici des pubs qui s'affichent malencontreusement en bandeau, c'est le prix de la gratuité, qu'on apprend à ignorer. Non, là, je parle bien des contenus. Guidés, orientés, contaminés (classés, récompensés, recensés).
Ca a commencé avec mon blog littéraire. Mon blog "my life", tout le monde s'en fout, il n'y a rien à récupérer dedans. Mes critiques de lecture, par contre, intéressent au premier chef le monde de l'édition. Les appels du pied n'ont pas tardé. C'est parfois l'appel à l'aide, assez pitoyable, d'un écrivain incompris :
"Je suis le modeste auteur d'un roman sur les femmes/la guerre/l'amour/la maladie [cocher une à plusieurs réponses] mais la malchance me poursuit, les méchantes maisons d'édition ne veulent pas de moi. Venez donc voir mon site où j'en parle, n'hésitez pas à faire de la pub autour de vous !"
Et, de plus en plus souvent, des opérations lancées par des sites fédérant des lecteurs ou des librairies, associés à des maisons d'édition, qui se proposent généreusement de m'envoyer des livres gratuitement en échange d'une critique, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Rien n'est gratuit, il ne faut jamais l'oublier ! Je ne vois derrière ces démarches qu'une opération marketing visant à exploiter le média Internet et ses possibilités de "réseau" comme un autre, l'avantage pour elles, et le grand effet pervers pour les utilisateurs, étant que des critiques amateurs produisent bénévolement des publicités qui vont bel et bien alimenter le commerce de la librairie !
Ce que j'ai apprécié dans les blogs littéraire, au début, c'était justement l'indépendance d'esprit de leurs tenancières. Elles n'avaient pas toujours des goûts intéressants, n'exprimaient pas parfaitement leurs préférences pour tel ou tel livre, mais le choix et le ton adopté différaient grandement de ceux des critiques professionnels. J'avais le plaisir de découvrir des auteurs qui m'étaient complètement inconnus, présentés avec passion, humour et désintéressement. Las ! Avec des opérations telles que "Masse critique" de Babelio ou les envois isolés de Chez les filles, on retrouve les mêmes livres partout. Les lectrices sont enchantées de recevoir gratuitement des livres, elles disent même merci et critiquent, parfois méchamment, comme on leur a dit de le faire, ne se rendant pas compte qu'elles participent à l'uniformisation des contenus sur la blogosphère. Tel est du moins le point de vue que j'ai exprimé à une gentille envoyée d'une maison d'édition, cet été, pour me voir répondre que j'étais "à côté de la plaque". Parano, l'Hermentrude ? Pas si sûr...
Dans le Livres Hebdo n°750 du 17 octobre 2008, p.56, on trouve un court entretien avec Marie-Claude Avignon, auteure de Le Service de presse : missions & stratégies, Editions du Cercle de la Librairie, 2008. Cet ouvrage est un manuel pratique du métier d'attaché de presse, expliquant comment se constituer un fichier et l'organiser, comment rédiger un communiqué ou faire des relances et contenant des réflexions sur les évolutions de cette profession. L'importance des relations humaines est pointée, dans un contexte où la fonction du service de presse est définie par les exigences accrues de rentabilité des entreprises, notamment du secteur de l'édition. Le but est d'obtenir un article, auprès de journalistes ou critiques professionnels, mais on peut voir qu'aucune distinction n'est maintenant faite entre un écrit de professionnel et celui d'un amateur bloggeur :
Q (Anne-Marie Walter) : Quel est le plus grand bouleversement du métier ?
R : Sans aucun doute, le développement des sites et blogs qui sont devenus de véritables plates-formes d'audience et qui risquent de faire de l'ombre aux médias classiques. Pourtant, c'est plus souvent le marketing qui s'empare des blogueurs. L'attaché de presse doit aller vers les internautes influents, du médiatique Pierre Assouline aux blogs de particuliers passionnés de littérature, comme celui de Clara Bel, clairement repéré, celui de Valdebaz ou encore les Jardins d'Hélène... A très court terme, un fichier presse se jugera autant sur ses contacts presse que sur ses contacts web et leurs audiences.
Des blogs "repérés", c'est ce qu'on dit d'un public à cibler pour une publicité, non ? Je ne pense pas que mon blog soit repérable et je m'en félicite. De plus en plus, je me rends compte que je clique plus volontiers sur l'adresse d'un blog littéraire dont j'ignore à l'avance le contenu (Classique ? Space opera en dix volumes ? Manga ? Que va-t-elle bien pouvoir nous dégoter cette fois-là ?), que sur celle d'un blog qui a toutes les chances de tomber sous le charme de l'envoi gratuit d'un roman dont elle n'aurait même pas envisagé l'emprunt, et dont toutes les copines figurant dans ses liens vont emboîter le pas dans les jours qui suivront.
Dans le même numéro, voici le plan de lancement d'un roman :

On crée du "buzz", de la prédiction auto-réalisatrice... Et dans un autre numéro (n° 758, p. 83), un procédé très particulier :
Les blogs dont le contenu est ainsi exploité ont-ils été prévenus ? On voit bien que l'utilisation des blogs et forums est froidement considérée comme une technique marketing comme une autre, jouant sur l'émotion, la proximité d'une lectrice "comme les autres".
J'en viens à me demander la part de "faux blogs" sur le net, plus exactement la part des blogs faussement amateurs. Qu'est-ce qui empêche un service marketing quelconque d'employer du personnel à l'écriture de billets en apparence enjoués, innocents et spontanés ? Sans aller jusque là, sur quoi repose la valeur d'un classement des blogs par spécialités, sinon sur les capacités de "réseautage" des personnes qui les tiennent ? Parce qu'il y a quand même un bon nombre d'abonnées à la chick lit sur une liste telle que le classement Wikio des blogs littéraires...
De même, j'apprécie moyennement l'utilisation des blogs pour des jeux concours permettant de faire gagner des livres. Tout le monde a l'air de bien s'amuser, la blogueuse peut se flatter de son influence monnayable qui lui vaut d'être remarquée par une entreprise. Mais tout ça prend du temps, celui du choix personnel, hasardeux d'une lecture n'attirant pas forcément le plus grand nombre ; le temps de cliquer sur une note pour les habituées du blog, d'en prendre connaissance ; de réfléchir à l'opération, éventuellement d'y participer, puis de recevoir en retour des livres qu'elles liront et critiqueront à la place d'autres, dont personne ne parlera, du coup... Le choix a été influencé, tout le monde est content, sauf moi, qui râle dans mon coin ! ;-) Dans quelques semaines, je tomberai partout sur les mêmes critiques de livres, avec des "merci !" dans tous les coins, et j'aurai l'impression désagréable d'ouvrir un magazine littéraire en période de rentrée, ce que je voulais justement éviter en me fiant aux blogs pour mes idées de futures lectures. C'est à une récupération pure et simple qu'on assiste, en perdant complètement l'esprit initial, comme le montre la tournure curieuse prise par la Pat's Fantasy Hotlist : il faut chercher les critiques de lecture personnelles au moment des jeux et buzzs en tous genres.
Qu'en pensez-vous ? Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup de créer un logo à afficher sur son blog, du style "Marketing pas le bienvenu", pour dissuader éditeurs et auteurs de nous relancer jusque sur nos mails ?
Je ne suis pas repérable et je vous emmerde !
Billets récents sur des thèmes proches, notamment sur la récupération des billets de blogs sur les quatrièmes de couvertures des livres en librairie :
http://pagesperso-orange.fr/calounet/humeurs3.htm
qui parle de :
http://blongre.hautetfort.com/archive/2009/02/17/plagiaires-silencieux.html
16 juillet 2008
Des images fraîches
Deux nouveaux albums photos sur le blog :
- Rome - mai 2008 : Images glânées durant le voyage dont je vous ai parlé ces dernières semaines. Statues, ruines, jardins... Un tout petit échantillon des trésors qu'on trouve sur place.
- Textures : J'aime prendre des photos au ras du sol, les coins de façades à la peinture écaillée, les plantes rugueuses, les objets granuleux. Un album que je complèterai après avoir fouiné dans mes archives.
01 novembre 2007
A poil et à plumes

Je viens de mettre un nouvel album photo en ligne, fruit de mes pérégrinations le nez en l'air dans notre bonne ville de Paris. Le thème en est, bien sûr, les anges (à quoi vous vous attendiez en lisant le titre de cette note ?!).
Vous y reconnaîtrez sûrement quelques anges célèbres. J'ai effectué un classement grossier en quatre catégories :
- Les anges en vitrine : les magasins adorent exposer les petits angelots (photos 1 à 13).
- Les anges en déco : à la recherche d'un battement d'ailes fortuit dans les motifs architecturaux (photos 14 à 23).
- Statues angéliques : fontaines et tombes s'ornent souvent de majestueuses créatures (photos 24 à 39).
- Les murs ont des ailes : des dessins muraux qui nous font entrevoir le ciel (photos 40 et 41).
Si vous croisez des anges sur votre chemin, n'hésitez pas à m'envoyer vos clichés qui trouveront une place dans cette modeste collection !
24 juillet 2007
Ouverture de la bibliothèque
Pour éviter que ce blog ne devienne bêtement une "chronique culturelle" et rien d'autre, j'en ai ouvert un autre depuis mon compte sur Canalblog. Il s'agit de ce que j'appelle "ma bibliothèque", en fait la liste des livres qui me passent entre les mains, tellement nombreux, vite oubliés...
Bon, il ne faut pas vous attendre non plus à une critique détaillée à chaque fois. Je suis, comme vous pourrez le remarquer, une véritable machine à lire, tout en étant censée travailler à plein temps pour Brutus (ce point est encore obscur pour moi). Bref, je ne vise pas une audience internationale, mais une façon pratique de garder des traces de mes vagabondages livresques.
31 mai 2007
Venise, enfin !

Ca y est ! J'ai réussi, presque sans encombres, à mettre en ligne mon premier album photo, "Les couleurs de Venise". Il donne quelques unes de mes impressions lors de mon voyage en Italie fin mai 2007.
Oui, je sais, il y a beaucoup de photos. Oui, le classement est bizarre, mais il suit néanmoins une logique. Oui, j'avais d'autres photos (pas loin de 300), mais vous ne les verrez pas toutes !
16 février 2007
We are very pleased to present...

... Saltarelle's Fotolog !
Un lieu ou stocker mes photos jugées, sans aucune pitié, les meilleures. Parce qu'avec mon nouveau jouet dans la poche, j'ai le regard qui furète dans tous les coins et je n'hésite plus à dégainer lorsqu'on me signale des spectacles surprenants ou cocasses.
Pour commencer, une petite série issue des vacances de l'été dernier. Un endroit aux paysages somptueux, qui se révèlent aux marcheurs endurcis...
J'ai déjà quelques photos que j'aime bien de Paris, prises ce mois-ci. De bonnes habitudes à conserver !
Et à un moment donné, il faudra que je vous montre mes cailloux d'Algérie, qui valent le détour (une semaine de marche dans le désert, quand même...).
09 mars 2006
Jaune !

En ce moment, je me sens d'humeur très jaune.






