08 février 2008
Forêt de cèdres
Pour m'occuper pendant ma période "entre deux emplois", dirons-nous pudiquement, j'ai entrepris une oeuvre d'utilité publique, qui pourra bénéficier à l'humanité toute entière : composer l'encre vert foncé idéale !
Depuis que je m'intéresse sérieusement aux intruments d'écriture, j'ai défini ce qui me plaisait et j'ai essayé de le trouver. Ainsi, mon vert idéal serait un vert tirant nettement vers le bleu, sans être franchement vert, ni bleu. Une belle couleur entre les deux, qu'on verrait différemment selon le papier, l'éclairage...
J'imagine que cette encre se situerait quelque part entre Squeeteague et Forest Green de Noodlers, une marque qui n'est pas distribuée en Europe. Ne souhaitant pas ruiner ma bourse et l'équilibre écologique de la planète en commandant sur Internet, j'ai décidé de faire avec ce que j'avais sous la main, à commencer par une encre verte dont j'aimerais bien me débarrasser, achetée alors que je faisais mes premières tentatives de vert foncé : Lierre sauvage, de J. Herbin. Il s'agit d'un vert plante violent, sans nuance, dont je n'ai pas l'usage. Il m'en reste quelques cartouches, je ne vais tout de même pas les jeter !
Pour le mélange, j'ai pensé au turquoise de Waterman, Bleu des mers du Sud, dont il me reste aussi quelques cartouches. Toujours par souci de "développement durable", j'ai l'intention de délaisser les cartouches d'encre (déchets en plastique) par des bouteilles (en verre, durent longtemps, plus économiques), en équipant tous mes stylos plume d'une pompe. Et pour foncer le tout, le Noir Waterman fait très bien l'affaire.

Echantillons d'encre sur The Writing Desk
Après essais et tâtonnements, j'ai concocté la recette suivante :
- une petite cartouche de Lierre sauvage
- 5 grandes cartouches de Bleu mers du Sud (ou 10 petites)
- 3 grandes cartouches de Noir (ou 6 petites)
Ajouter autant de turquoise que souhaité pour bleuir le mélange. De toute façon, le Bleu mers du Sud tire déjà sur le vert, donc on ne risque pas de se retrouver avec un résultat bleu roi. Le résultat est plus vert que bleu, subtil, élégant...

27 juillet 2007
Premier stylo jaune
Si je devais me lancer dans une collection, je n'aurais pas à réfléchir longtemps pour savoir laquelle ce serait. Voyons... qu'est-ce que j'aime dans la vie? Les stylos plumes... la couleur jaune... Faisons donc une collection de stylos jaunes !
Evidemment, je n'ai pas vraiment les moyens de constituer une collection digne de ce nom. Comme je ressens malgré tout le besoin vital d'être entourée d'objets aux couleurs criardes dans la vie courante, j'ai décidé de poser la première pierre. En fait de pierre, il s'agit d'un tube en plastique jaune vif, mélangeant les lignes carrées pour le corps du stylo, et arrondies pour le bouchon. Difficile de faire plus jaune, tout les éléments sont de la même couleur tournesol, exceptée l'agrafe et la plume, toutes deux noires. C'est un look, comment dire, extrême. Il ressemble un peu à un légo.


Il s'agit du modèle "Safari" de la marque Lamy. J'ai choisi une plume de taille moyenne, en hésitant comme d'habitude entre celle-ci et la large. Il fonctionne avec des cartouches Lamy, mais je mets des Parker quasiment identiques à la place : l'encre noire Lamy me semble très sèche et ne rend pas l'écriture très fluide.
Pourquoi ce stylo, dont l'allure basique (on ne dit pas moche !) convient mieux à des écolières ? Et bien d'abord, il est vénéré par nombre de spécialistes des plumes. Pour son prix (17 euros), il offre une qualité d'écriture et une solidité à toutes épreuves, le genre d'outil à laisser au fond du sac, toujours prêt à rendre un service irréprochable. Les amateurs de design le trouvent fonctionnel et original, à défaut d'être joli. Le modèle gris métallisé peut toutefois se targuer d'attirer le regard ; le translucide peut rivaliser avec le Waterman Kultur, aux lignes parfaites. De quoi m'amuser en attendant de trouver un Omas Emotica d'occasion ! ![]()
10 avril 2007
Je m'incline bien bas...
Lorsque j'ai déclaré adorer écrire avec des stylos bon marché sur du papier bas de gamme, j'aurais du être pendue par les pieds et fouettée avec une poignée de bics cristal.
Je ne savais vraiment pas de quoi je parlais !
Depuis, j'ai fait l'expérience de l'écriture avec un Lamy 2000 sur du papier Clairefontaine. C'est absolument incomparable ! Je n'ai plus qu'à ranger tout au fond du placard cet affreux Bic (encore !) X-Pen (une curiosité pour moi, quand j'avais vu que Bic se mettait aux stylos plume). Il faudrait déjà qu'il écrive, pour mériter le nom de stylo !
Mon regain d'intérêt pour les instruments d'écriture m'a soudain fait prendre conscience que je n'avais pas à me contenter de stylos de supermarché, à l'écriture trop fine et jaunâtre (due aux cartouches d'encre noire de sous-marques). Il m'a surtout fait prendre conscience que les collections luxueuses des grandes marques n'étaient pas seulement belles à regarder, mais offraient également une qualité d'écriture inégalée. Bien sûr, le prix n'est pas le même, mais ce n'est pas comme si j'avais un budget coiffure...
J'aime les stylos au diamètre suffisamment épais pour une bonne prise en main, à la plume large déposant un beau trait nuancé d'encre de couleur franche. Sans forcément passer par les Montblanc, d'un prix prohibitif pour la plupart des gens, j'ai compris que je pouvais obtenir immédiatement ce résultat en choisissant bien le modèle dès le départ, et non en espérant faire à la longue à mon écriture une affreuse plume rigide.
Ensuite, est venue la fascination pour les encres. Je pratiquais couramment le noir et le violet Waterman, voire le turquoise, mais je ne rêvais même pas de trouver un jour un vert forêt bleuté ou un indigo resplendissant. En fait, ces couleurs sont fabriquées aux Etats-Unis et pas forcément faciles à trouver en France. J'ai réussi à mettre la main sur la couleur Tanzanite de Private Reserve à Paris, maintenant je vise les subtiles nuances des verts foncés de Noodler's. Je me verrais bien essayer aussi différents marrons, rouilles, cuivrés... Est-ce de l'excentrisme, de la préciosité ? J'en suis encore loin, à lire l'hilarant blog d'Ink Quest. Pas étonnant que les vendeurs des boutiques de stylos soient aussi courtois, quand ils se coltinent tous les jours des ahuris aux doigts tâchés d'encre, aux demandes trop précises nourries par une passion dévorante !

(Encre Montblanc Vert anglais, stylo Lamy 2000 plume moyenne)
03 février 2007
Lieux de perdition
Je ne sais même pas ce qui m'a pris de m'approcher de la vitrine. Je sais pourtant combien ce genre de spectacles exacerbe mes envies et, partant, ma frustration, dès que j'aperçois le bout d'une étiquette. Pourtant, du plus loin que je me souvienne, je suis attirée comme une mouche sur un pot de miel par les rayons papeterie des magasins. Je soupire d'extase devant les stylos plume, je défaille devant les cahiers, dont j'admire les belles reliures des marques robustes, tout en préférant écrire sur le papier fin des brouillons de mauvaise qualité.
La foule se pressant pendant les soldes m'a encouragée à entrer, sans risquer de me faire alpaguer par une vendeuse chic qui me parlerait onctueusement tout en m'inspectant, avec un mépris à peine voilé, de haut en bas.
Les vitrines des grandes marques de stylos provoquent mon admiration. Je consate un net renouvellement des formes, privilégiant la longueur et les courbes, de belles couleurs métallisées, des motifs floraux ou géométriques. Cela faisait décidément bien longtemps que je ne m'étais pas adonnée à mon habituelle contemplation désintéressée. Il est clair que les prix sont hors de ma portée.
J'avise cependant un pot à crayons près de la caisse, affichant 15 euros pour chaque article. Sans rien espérer d'intéressant, je me penche et trouve quelques adorables stylos plume en bois, aux nuances brunes ou beiges. Vais-je résister ? J'en ouvre quelques uns, je les inspecte. Il y en a un, en particulier, que je trouve agréable à tenir, avec sa ligne incurvée, son corps tout en bois, son poids un peu lourd. Le vendeur trempe la plume dans un encrier, je trace quelques zigzags... Il ne faut pas trop présumer de ma tempérance dans ce domaine !
Je suis donc l'heureuse propriétaire d'un "Cyprès", d'Oberthur, marque pas spécialement réputée en la matière mais qui a créé là un très joli modèle. Pour l'instant, je trouve qu'il écrit trop fin et la plume est un peu dure, on verra si les choses évoluent avec le programme chargé que j'ai prévu (toujours ce fichu "projet professionnel"...).
On peut noter la proximité avec le superbe "Sérénité" de Waterman :

Forme très actuelle, qu'on trouve en plus classique dans des modèles plus accessibles, tels le "Noa" de Stypen :

Comment résister ? !



