Canthilde

Humeurs, musique, images et... horticulture

29 juin 2008

La colle

Quintilien et moi avancions langoureusement au milieu de la végétation domestiquée et non moins foisonnante du jardin de Bercy... C'est sûrement ce qui nous a valu l'accostage par un petit groupe hilare, mené par une jeune femme en robe de princesse. Je subodorais l'équipée sauvage d'un enterrement de vie de jeune fille, ce que le dialogue suivant a confirmé :

Princesse : Bonjour ! Je peux vous poser une question ?
Quintilien : Oui, vous pouvez toujours la poser !...
Princesse : Quelle serait pour vous la définition de l'amour véritable et éternel ?
Moi : Un mythe.
Princesse : Heu... très bien, je note. Merci !

Ca m'est venu comme ça, sans doute un plaisir sadique à tempérer l'idéalisme d'une jeune femme capable de se lancer dans un mariage bien traditionnel, rituels débiles compris. Je me demande si elle était censée présenter les résultats statistiques de sa grande enquête le soir-même. Y a-t-il eu beaucoup de personnes pour répondre : "Mon âme soeur, ma moitié, celle qui m'est destinée et m'attend quelque part sur cette planète, et que même quand je la verrai, je saurai tout de suite que c'est elle et qu'on se mariera et qu'on aura plein d'enfants" ?

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13 juin 2008

Les incommodités urbaines

P1020968La première chose qui frappe à Rome, dès la descente de l'avion, c'est la présence de nombreux vendeurs à la sauvette. Quand on arrive à la station Anagnina, reliant le métro à l'aéroport de Ciampino par une navette, l'espace est à ce point envahi d'étalages en tout genre qu'il est difficile de circuler avec ses bagages. Inutile d'espérer obtenir une renseignement quelconque ou même un passage un peu plus large, ils vous ignorent royalement si vous n'avez pas l'intention d'acheter leur camelote.

Sitôt les bagages déposés à l'hôtel, notre premier but de promenade a naturellement été le Colisée. Le ciel ne nous était pas encore tombé sur la tête et la chaleur était suffocante sous les vieilles pierres. Un petit espace vert pourvu d'une fontaine nous a semblé un point de chute tout à fait acceptable pour un premier pique-nique. Un groupe de touristes profitait lui aussi du cadre bucolique. A peine installés, nous avons vu apparaître des individus équipés de grands sacs louvoyer dans les allées. Ils se sont mis à brandir des lunettes de soleil sous notre nez. Le refus poli n'était pas toujours suffisant. Une femme essayait d'avancer en ignorant un des vendeurs, il lui a mis d'office un objet dans les mains. Elle a hésité un bon moment, n'osant pas se montrer trop sèche, ni jeter à terre l'objet encombrant pour poursuivre sa route. Après cette scène, je n'ai plus eu le moindre scrupule à me montrer glaciale envers les vendeurs qui croisaient mon chemin et ils insistaient rarement après un "No" sans appel (je fais cet effet sur les gens, parfois).

Les lieux les plus touristiques devenaient ainsi difficiles d'accès, entre les troupeaux de badauds déterminés à tout photographier, et les essaims de revendeurs déterminés à écouler leurs marchandises de pacotille. A la fontaine de Trévi, en plus des lunettes, ils proposaient des sortes de petits jouets bruyants, d'un mauvais goût consternant. J'ai commencé à comprendre ce que L'orichalque voulait dire ; cela n'a vraiment rien de comparable avec ce que l'on peut voir en France sur les sites les plus fréquentés.

[Note : j'appréciais ce blog pour ses prises de position féministes mais je ne pouvais plus le suivre dans ses délires racistes, et l'ai enlevé de mes liens pour cette raison.]

Comme évoqué auparavant, le déluge n'a pas tardé à gâcher une bonne partie de nos vacances. J'ai d'abord pensé que, malgré le besoin de m'essorer toutes les cinq minutes, ces trombes d'eau auraient au moins le mérite de faire fuir les vendeurs envahissants. Juste le temps de tourner au coin de la rue et j'ai été interpelée d'un : "Umbrellas ! Umbrellas !" En un clin d'oeil, les vendeurs avaient troqué lunettes et babioles contre des bouquets de parapluies multicolores ! Confondue par cet exemple admirable d'adaptation au milieu naturel, je me suis alors concentrée pour éviter à la fois les flaques d'eau et les parapluies qui n'ont pas tardé à se déployer dans les rues.

Un autre désagrément typiquement romain : la télé dans le métro. Ca fait tout drôle d'attendre sur un quai bondé, tous les visages tournés vers l'écran le plus proche... Le pire, c'est qu'on se sent irrésistiblement attirée ; le pouvoir de l'image animée est le plus puissant.

Sont ainsi offerts à la vue des usagers des images publicitaires, souvent sous la forme de dessins animés simplistes, qu'on peut aisément comprendre sans le son (les couloirs de métro sont trop bruyants pour ça). Quelle tristesse, des siècles de progrès technologiques pour aboutir à des images de propagande débilitantes ! Des dépêches défilaient en bas de l'écran, porteuses d'informations précieuses : inondations, attentats, tout ce qu'on a envie de savoir en temps réel. L'intérieur des rames et les bus eux-mêmes n'étaient pas épargnés. Un "progrès" dont j'espère que Paris continuera à se passer.

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10 juin 2008

Parenthèse forcée

Des soucis d'ordinateur (une alimention défaillante, cette fois) m'empêchent de me connecter sur Internet autant que je le voudrais. J'ai commandé un nouveau câble, j'espère que ça règlera le problème. Sinon, des réparations ou un nouvel achat s'imposent...

Je mène des démarches actives pour choisir mon futur lieu de catapultage professionnel. Les choses commencent à se préciser, mais je ne suis pas à l'abri d'une surprise.

La tenue du blog n'est donc pas prioritaire pour le moment, même si j'ai encore des choses à dire sur Rome. Sans parler d'un album photo à concocter !

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05 juin 2008

Plaisirs d'esthètes sans queues ni têtes

P1020955Il y a des endroits qui rendent plus supportables que d'autres de longues journées venteuses et pluvieuses. Rome, avec ses nombreux musées, en fait sûrement partie. J'ai découvert avec curiosité les traces de la civilisation étrusque, qui peuplait la région avant l'installation des Romains. La Villa Giulia, spécifiquement dédiée à l'art étrusque, présente principalement des amphores décorées, mais aussi des statuettes, des bijoux...

Quand on sature de toutes ces amphores, il est temps d'aller baver sur les statues d'éphèbes, d'empereurs et de philosophes au Palatino. Les profils grecs les plus parfaits s'y côtoient, du moins pour les statues qui ont encore leur tête. Le travail du marbre est amené à sa perfection. Les petits anges semblent prêts à s'envoler.

Et les églises ! Des dizaines d'églises, pompeusement dédiées à tous les papes de l'histoire, principalement des Cléments, qui poussent partout comme des champignons. Une belle surprise nous attendait à la Basilica di San Clemente, dont les cryptes pouvaient se visiter, avec leurs dédales de vieilles pierres où ruisselait une source souterraine. D'autres églises recèlent des chefs d'oeuvres de mosaïques ou de sculptures, telle la justement célèbre Sainte Thérèse en extase du Bernin, à Santa Maria di Vittoria, le Moïse de Miquel Ange à San Pietro in Vincoli (sur le parvis duquel a été rédigée une carte destinée à un Clément... mais pas un pape... du moins pour l'instant). Sans parler de la basilique Saint Pierre du Vatican, aux dimensions colossales. Prévoir une journée entière rien que pour les musées du Vatican, notamment sa Pinacothèque, et mon groupe hippie préféré :

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Reste un petit problème... Comme tout être humain normalement constitué, ma première réaction, face à une statue de bel éphèbe nu, est de contempler son entrejambe. Las ! Malgré le visage au profil grec posé, les épaules admirablement découplées, le torse vigoureux, les hanches gracieuses, la déception est souvent au rendez-vous pour ce qui se trouve plus bas.

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On comprend que des statues antiques soient quelque peu endommagées au niveau des extrémités. Mais il y a de quoi soupçonner une dégradation systématique lorsque les mains, elles, sont intactes. Au Vatican, outre les statues "incomplètes", on trouve aussi beaucoup d'athlètes dans le plus simple appareil, modestement couverts d'une feuille de vigne à l'endroit approprié. Bien loin de respecter la pudeur, je trouve que cette mesure incite au contraire à penser encore plus à ce qu'il y a dessous, et à rêver aux proportions sublimes de l'organe en question...

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01 juin 2008

Où sont les vierges ?

La décision récente du tribunal de Lille d'annuler un mariage pour cause de non-virginité de l'épouse m'a faite bondir de rage. Le quotidien l'Humanité du samedi 31 mai 2008 a consacré quelques bonnes pages à cette affaire, avec une intervention intelligente de la philosophe Geneviève Fraisse : "Question intéressante : la religion musulmane impose-t-elle la virginité ? Apparemment, non. Impose-t-elle le port du foulard ? Autorise-t-elle la polygamie ? Rien n'est sûr. Toutes ces questions font l'objet de discussions savantes, et de polémiques sérieuses. Pour ma part, je constate que la religion a bon dos." Parmi les réactions de diverses personnalités, on apprend que la garde des Sceaux Rachida Tati a considéré que l'annulation de ce mariage était "un moyen de protéger la personne", tandis que Dalil Boubaker, recteur de la mosquée de Paris, a déclaré : "je ne pensais pas que le droit français pourrait donner suite à une doléance traditionnelle de ce type. Ce que demande l'islam, ce n'est pas la virginité de la femme, c'est de vivre avec son temps." (cherchez l'erreur !)

Pour prendre du recul par rapport à cette histoire et envisager la question d'un point de vue universel, j'ai décidé de vous parler des dernières heures de mon hymen. Une histoire édifiante.

Mon hymen et moi nous sommes séparés à l'improviste il y a près d'une vingtaine d'années (faites le calcul, et soyez choqués). A l'époque, j'étais curieuse du fonctionnement du sexe féminin. J'étudiais attentivement le mode d'emploi des boîtes de tampons hygiéniques de ma mère ou de ma soeur, que j'étais encore trop jeune pour utiliser. J'entrepris alors l'exploration enthousiaste de mon anatomie, dont beaucoup d'aspects restaient mystérieux.

Je découvris avec satisfaction que j'étais faite comme toutes les autres femmes et que cette constitution particulière présentait bien des avantages. Un soir, cependant, exploration trop approfondie ou geste plus maladroit que d'ordinaire, je ressentis une douleur sourde et constatai la présence de traînées sanglantes sur ma chemise de nuit. Ma première réaction fut de trouver ça "dommage". J'étais bien conditionnée à accorder de la valeur à ma virginité, "se donner" à un homme, tout ça... Un certain nombre d'années plus tard, je ne pus que me louer de l'incident, lorsque j'échangeai mes impressions de "première fois" avec un homme avec mes amies. J'étais bien contente d'avoir échappé au charcutage sauvage raconté par certaines.

Quelle morale peut-on tirer de cette histoire ? Eh bien, peut-être que la jeune femme du procès a eu une adolescence curieuse, elle aussi. Ou bien elle a utilisé par erreur un tampon taille super au lieu de mini. Ou bien elle a eu cinquante amants avant de se marier, et elle aurait eu bien raison. Quoi qu'il en soit, limiter la notion de virginité à la présence ou non d'un hymen est complètement ridicule. Certaines femmes n'en ont pas ; d'autres en ont un mais ne saignent pas lors de leur premier rapport sexuel (un amant doux peut favoriser ce phénomène). Et que dire de ces filles qui ont bien intériorisé le fait qu'elles devaient saigner comme une bête égorgée le soir de leurs noces et qui, en attendant cette date sacrée, adoptent toutes sortes de pratiques sexuelles mettant en jeu d'autres orifices ? Pas sûr qu'elles y trouvent une grande satisfaction, et leur "pureté" me semble toute relative par rapport à une qui aurait "fauté" du mauvais côté...

Posté par canthilde à 21:34 - Contre le sexisme - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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