28 mai 2008
Rome, la Bible et moi
Rome ! Centre d'un empire, berceau du christianisme, musée à ciel ouvert où des ruines millénaires côtoient les bâtiments les plus modernes ! Son nom, à peine prononcé, évoque les images les plus grandioses. L'arpenter donne envie de relire ses classiques.
Là, en l'occurence, c'est un épisode biblique que nous avons pu réviser grandeur nature... le Déluge ! Des pluies torrentielles se sont abattues sur nous pendant trois jours, au milieu de la semaine. J'ai béni la présence d'esprit qui m'avait fait emmener un blouson imperméable dans mes bagages ; j'ai maudit mes sandales qui, bien qu'apportant une touche antique s'accordant parfaitement avec l'environnement, m'ont valu de patauger dans l'eau froide plusieurs heures par jour. Et quand je dis patauger, j'avais parfois l'impression de traverser un torrent à gué !
Ca, c'est pour l'anecdote hilarante à raconter dans les années qui viennent, mais un sale moment à passer pendant ses vacances. Pour le reste, Rome, c'est beau ! Les ruines sont gigantesques, bien conservées, superbes. On comprend aussitôt ce que pouvait représenter la grandiloquence de l'empire romain. Grandiloquence toujours d'actualité pour le Vatican, dont j'ai arpenté l'immense musée en pestant de faire gagner de l'argent à cette institution religieuse.
Je n'ai pas du tout amélioré mon Italien, me contentant de lire les étiquettes des parfums de glace qui m'intéressaient (souvent obligée de répéter à cause de mon accent !). J'ai fait du gras à ne manger que des pâtes ou des pizzas, sans le regretter un seul instant. Je me suis (un peu trop) reposée sur mon compagnon pour ce qui est de notre organisation matérielle, dépassée par le réseau de transports peu efficace (deux lignes de métro, dont une qui s'arrête à 22 heures ; plein de bus mais aux arrêts pas facilement repérables).
Je reviens enchantée, la nuque tordue d'avoir admiré fresques et mosaïques dans les belles églises, rêvant de découvrir d'autres régions moins peuplées d'Italie.

Le Forum après une bonne averse
26 mai 2008
De retour dans la course
Vous savez dans quel état me mettent les retours de vacances : je continue à planer longtemps après l'atterrissage. Lorsque Quintilien et moi nous sommes séparés à la sortie du bus nous acheminant depuis l'aéroport, j'ai calé mon gros sac sur mon épaule et j'ai bravement entamé le chemin de retour jusqu'à chez moi. Ce n'était pas tellement le poids qui me préoccupait, que la façon dont j'allais employer les prochaines semaines. Je me sentais inutile, ne cadrant nulle part. En levant les yeux vers les immeubles environnants, je voyais des bureaux encore éclairés à cette heure avancée. J'enviais presque les silhouettes qui s'y déplaçaient furtivement, d'avoir une place assurée quelque part, un rôle bien défini.
Un petit tas de courrier m'attendait derrière la porte. J'ai eu la satisfaction d'apprendre que l'entretien d'admission pour une formation qui m'intéresse aurait lieu mardi et non la semaine dernière, comme une conversation avec un des responsables me l'avait fait craindre. Je tendais la main vers une carte postale m'informant que ma mère était allée en vacances dans les Pyrénées lorsqu'une grande enveloppe a attiré mon attention. Son contenu m'annonçait, en substance, que
mon projet avait abouti !
Les conséquences ne s'en feront pas sentir avant l'automne prochain, où j'aurai à déménéger dans une autre ville pendant plusieurs mois. Je vais suivre une formation, des stages. Je n'ai encore signé aucun papier officiel, je n'ose pas vraiment y croire. Est-ce que c'est sûr, j'ai un travail ? Vais-je enfin pouvoir annoncer ma profession, sans être obligée d'ajouter toutes sortes d'explications foireuses sur les "deux-trois trucs" que j'ai faits ces dernières années ? Il semble bien que j'aie maintenant un métier, même si je ne peux me définir que future-chose pour le moment.
16 mai 2008
A très bientôt...
Je suis heureuse de vous annoncer que je vais prendre un peu l'air. Bon, d'accord, je ne pars pas dans la nature sauvage mais dans une grande ville... mais quelle ville ! Quelques indices d'une subtilité extrême pour deviner où je vais :



10 mai 2008
Pirouette conversationnelle

C'est le 8 mai, il fait beau, la copine est partante pour aller faire un tour, le copain piaffe d'impatience à l'idée de sortir l'appareil photo... C'est tout vu, on va se balader au parc ! Une fois rassasiées de verdure, nous songeons sérieusement à nous désaltérer. Etant le 8 mai, donc, seul le bistrot près de la station est ouvert.
Une fois nos bières respectives commandées, la copine ajoute, comme à son habitude : "Et quelques petites cacahuètes, aussi, pour grignoter." Le serveur refuse, un peu embêté. Comme nos mines laissent supposer que nous trouvons la maison un peu radine pour le coup, il fait remarquer : "De toute façon, les cacahuètes, ça fait grossir !"
Sous le coup de l'indignation, je cherche un truc intelligent à dire, seul : "Grmbl !" me vient à l'esprit. Et, aussitôt après, la réplique qui tue : "La bière aussi !", qui a au moins le mérite de faire rire tout le monde.
Un petit moment plus tard, le serveur, se sentant un peu coupable, revient nous donner quelques explications sur la politique de la maison. Le stock de cacahuètes n'avait pas été renouvelé, selon lui. Il conclut en lorgnant ma copine et moi : "Quoi qu'il en soit, vous avez de la marge !"
Non mais de quoi je me mêle ! J'ai été enchantée, c'est rien de le dire que, non content d'assurer un service limite, il se permette de faire des remarques, même positives, sur notre apparence physique...
07 mai 2008
Classe et nonchalance

Lorsque je me suis rendue au concert des Breeders, le mois dernier, j'ai du braver la forêt de distributeurs de tracts qui se pressent aux abords des salles de concert. Derniers albums des groupes djeuns du moment ? Sans façon. Concert des Tindersticks ? Je prends !
Lundi soir, j'ai donc pu découvrir la magnifique, quoique légèrement clinquante sur les bords, salle des Folies Bergères. Les lumières se sont éteintes juste au moment où mon compagnon et moi (oui, vous avez bien lu, j'ai réussi à venir accompagnée à un concert !) prenions place sur notre rangée haut placée, ayant tout juste eu le temps d'entrevoir le cadre élégant.
Sara Lowes a aussitôt ouvert le bal pour une première partie timide mais courageuse, devant une salle aux trois-quarts vide ; les fans des dandys anglais ont préféré attendre le dernier moment pour entrer... D'accord, les premières parties sont un mauvais moment à passer pour le public, il m'est souvent arrivé de bailler à ces moments-là, mais la moindre des choses est d'écouter, au moins pour se faire une idée. Or cette chanteuse avait une très jolie voix et se débrouillait bien toute seule entre son piano et sa guitare.
Ne restait plus qu'à attendre la jolie entrée de scène des Tindersticks, dont les musiciens sont entrés un par un, dans l'ordre des instruments joués dans l'"Intro" de The Hungry Saw. Un Stuart Staples à la silhouette juvénile, la calvitie naissante, est venu se joindre sans ostentation à l'orchestre. Et quand il a commencé à chanter... Quelle voix ! J'aurais pu l'écouter toute la nuit. En un instant, il a plongé la salle dans une torpeur extatique, suspendue à ses lèvres.
Le répertoire de ce soir a privilégié les morceaux moelleux, une bonne partie provenant des deux-trois derniers albums (que je connais moins), mais aussi de leur deuxième, mon préféré. Ils ont joué "Sleepy Song" ! J'ai été terrassée par un violent orgasme lorsque les cuivres, que je guettais depuis le début, ont retenti.
J'ai apprécié le fait qu'aucun musicien n'ait été mis davantage en l'avant que les autres, même le chanteur. Les éclairages venaient souligner opportunément le rôle de l'un ou l'autre. Il y avait les instruments rock d'un côté, guitare, basse, batterie, et l'orchestre classique de l'autre, violons, contrebasse, trompettes ; plus l'orgue, le xylophone et tous les petits instruments nécessaires au bruitage de tel ou tel titre. Bref, l'orchestre au grand complet, même si la base des musiciens du groupe a évolué depuis leurs débuts.
Deux rappels, une attitude décontractée de Stuart Staples, qui semble possédé par sa musique. Si j'avais été plus près de la scène, je leur aurais bien demandé de jouer "Let's Pretend", que j'ai régulièrement dans la tête. J'ai regretté qu'on n'ait pas eu droit à une présentation en règle de tous les musiciens, ce qui aurait pris une petite demi-heure...
Tandis que nous nous dirigions vers la sortie, mon compagnon s'est soudain écrié : "Ça y est, je crois que j'ai trouvé l'explication de sa technique vocale !"
Stuart Staples a une délicieuse voix de basse, qui "ondule" plaisamment quand il chante ; il joue à merveille de ses intonations les plus graves et les plus douces, avec des transitions toutes en douceur. Il s'agissait donc d'un vibrato.
Il y a deux façons, m'a expliqué mon compagnon, de faire des vibratos. La première consiste à faire des modulations de fréquence : "Ah-ah, ah-ah, ah-ah", soit "grave-aigu, grave-aigu..." La deuxième, concernant notre charismatique ami, consiste à faire des modulations d'amplitude, c'est-à-dire une succession d'un peu plus fort-un peu moins fort, soit "AH-ah, AH-ah, AH-ah..." A quoi ça tient, tout de même, un orgasme musical...
06 mai 2008
Rêve d'échappée

Depuis le week-end dernier, quelque chose d'extraordinaire s'est produit : je peux me promener dans la rue... simplement vêtue d'un t-shirt* ! Ca ne m'était pas arrivée depuis l'été dernier. Pour mémoire, l'été 2007 a eu lieu en avril, ensuite on est passé directement à l'hiver.
J'ai donc pu gambader dans la verdure, aussi légère et insouciante qu'une génisse échappée de son enclos. Et c'est vrai que je commence à me sentir enfermée. Je ne suis pas sortie de Paris depuis la fin du mois d'août. Pour tout dire, j'en ai marre de Paris, où mes conditions de vie sont franchement minables. Quel que soit le programme à la rentrée prochaine, j'ai l'intention de déménager. Mon ambition se résume à un appartement tranquille, avec mes propres toilettes (point non négociable). Je n'en reviens pas de vivre dans des conditions aussi précaires depuis quatre ans...
* Et de quelques autres vêtements, notamment pour la partie inférieure de mon corps.





