22 février 2008
Amitiés liquidées
Petit texte écrit samedi dernier, jugé trop déprimant pour être édité sur le moment. Mais après tout, c'est ma vie et les coup de blues en font partie !
Un samedi soir seule chez moi... C'est que ça ne m'arrive pas souvent (depuis deux ans), donc ça se savoure !
Et pourtant, j'ai le coeur gros. Non de savoir Quintilien entouré de gens, sans moi. Après tout, si je n'ai pas voulu venir, c'est que je n'ai pas ressenti de la gentillesse et de la compréhension outre mesure chez ces personnes. Sans être franchement désagréables, elles sont douées pour balancer la petite remarque sur le chômage qu'on va ressasser, le silence poli après une de mes phrases, le louvoiement l'air de rien pour ne pas me dire bonsoir... Donc je ne voyais pas pourquoi je devrais traverser tout Paris pour me rendre à un repas d'anniversaire de quelqu'un que je n'apprécie pas alors que moi, je n'en ai jamais, d'anniversaires entre amis...
Il y a deux ans, j'avais fait des pieds et des mains pour réunir quelques amis autour d'une table à l'occasion de mes vingt-neuf ans. Des cinq personnes prévues, j'avais vite compris que je devrais me contenter de trois. L'une m'était acquise, hourra la deuxième avait confirmé, et un coup de fil deux heures avant, c'était sûrement la troisème qui demandait des précisions sur la route à prendre. Et vlan, voilà mon troisième invité qui se débine, très fatigué, un entretien d'embauche le lendemain... Là, j'avoue, je suis d'habitude la créature la plus adorable, patiente, compréhensive qui soit (c'est quoi, ces ricanements ??!), mais je l'ai littéralement engueulé, jusqu'à lui arracher la promesse d'être à ma table ce soir-là.
Pour mes trente ans, je n'avais plus le courage de revivre ça. En plus, les deux amis obtenus laborieusement l'année d'avant ne me donnaient plus guère de nouvelles. Cette année, c'était même pire : l'un a quitté la ville sans prévenir, l'autre est en couple fusionnel et ne donne pas plus signe de vie... J'envisage de revendre les livres reçus en cadeau il y a deux ans, c'est tout dire.
Du coup, pour les deux derniers anniversaires, on a juste fait un dîner en amoureux. Je sais que j'ai déjà de la chance d'avoir ça. Pourtant, je constate que nos relations amicales à tous les deux se délitent, sans que ce soit de notre fait. Jamais le fait d'être en couple ne m'a empêchée d'aller boire un verre ou de dîner avec d'autres personnes, bien au contraire. Mon idéal de vie n'est pas la soirée télé tous les soirs avec Gérard avec un plateau repas ! Je l'encourage même à voir des amis sans moi, parce que j'apprécie d'en faire autant (quand j'ai des amis à portée de main). Mais un ami jusque là très proche de Quintilien semble le laisser tomber, ça me rend triste pour lui.
Commentaires
Mon Dieu, comme je te comprends. Depuis que nous sommes déménagés dans un trou perdu (imagine la cambrousse au Québec: 5h de route à faire pour prendre un café avec une vraie amie), nous nous sommes un peu retrouvés, mon Chéri et moi, «isolés». Bien sûr, il y a les enfants... mais ce n'est pas la même chose.
L'éloignement -physique- y est pour beaucoup, c'est certain, mais c'est plus que ça. Comme toi, je constate que nos amitiés (à mon Chéri et à moi) se délitent.
Mais nous, on est à Paris ! Finalement, je cause plus souvent au téléphone avec les amis que j'ai connus en province, à 500 km, qu'avec les connaissances que j'ai essayé de me faire sur place.
Quand je vois la dureté de la vie ici, je t'envie fort ta cambrousse québecoise. Quitte à vivre comme des sauvages !
Il y a des avantages et des inconvénients à vivre à la campagne, comme il y en a à vivre à Paris, je suppose! :) Bon, j'avoue qu'il me plairait assez de vivre à Paris occasionnellement, mais sinon, je ne regrette pas trop notre choix d'avoir quitté la banlieue de Montréal. Ne serait-ce que pour la pression «urbaine»! Devoir justifier sans cesse mon statut obligé de «mère au foyer» à cause des jumelles, me sentir coupable de ne pas mener une brillante carrière malgré les enfants, être totalement minée par toutes les sorties culturelles potentielles que je ne pourrais pas m'offrir etc. ARGH!
N'empêche, je donnerais cher pour avoir une bonne copine près de chez moi. :S
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