23 novembre 2007
La transe du chameau

Hier soir, bravant grèves des transports, migraine et forte envie de me planquer sous la couette dès 20h, j'ai retrouvé mon cher Berlioz comme prévu pour une soirée musicale des plus chaleureuses. Partageant le goût du désert (mitigé chez moi mais quand même, c'est beau), je lui ai vanté les charmes de la musique touareg, qui fait mes délices depuis un peu plus d'un an. J'aurais adoré aller voir Tinariwen le 7 décembre, si ma soirée n'avait déjà été prise. Qu'à cela ne tienne, je me suis jetée sur le concert de Toumast du 22 novembre !
Finalement, j'en savais peu de choses, de ce groupe, sinon qu'il exprimait à merveille ce blues lancinant qui se ballade entre Algérie, Mali et Niger. Leur album Ishumar est une merveille de mélodies hypnotiques et de chant poétique. A vrai dire, j'avais presque peur de m'endormir pendant le concert, étant donné mon état de fatigue de ces derniers jours.
Aucun risque, je l'ai vite compris, quand les musiciens ont commencé à jouer dès la sortie du duo Scotch et Sofa en première partie ! D'abord, Moussa Ag Keyna est entré seul sur scène, très digne avec son chèche d'un indigo soutenu formant une tour impressionnante sur sa tête. Il a égréné quelques notes typiques sur sa guitare, la magie a opéré... Puis les deux autres touaregs sont arrivés, celle sur l'affiche qui allait jouer et chanter, l'autre étant un percussionniste bondissant, mais aussi deux français, dont un batteur. Et c'est là que les choses ont dégénéré, car le batteur a joué tout du long à la façon d'un rockeux de base, tellement fort qu'il noyait le son des autres ! Ca m'a un peu crispée au début, jusqu'à ce que la musique monte en puissance et m'entraîne dans ses volutes puissantes. N'empêche, les claps typiques de ce style de musique me manquaient...
"Allez-y, vous pouvez danser, on ne fait pas de la musique de marabout !" s'est écrié le chanteur. Le New Morning est une salle intimiste, avec des chaises disposées autour de petites tables. L'espace libre devant la scène étant assez réduit, j'ai surtout dansé sur ma chaise, tandis qu'un petit groupe se lançait en des mouvements sensuels et harmonieux. Et comment résister à cette musique endiablée, de la pure transe électrique, traversée des "youyou" stridents de la chanteuse (et quelques uns dans la salle) ?
Musiciens excellents, emportés par leur propre son, public tanguant à l'unisson... L'esprit rock est au Sud !
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